Travaux du mois : février au jardin

En février, le jardin semble se réveiller doucement, dans un bâillement, mais il continue à somnoler un peu… Inutile de sonner le clairon dans tout le jardin, il s’animera de lui-même, petit à petit… Chaque chose en son temps!
Pour l’heure, de nombreux insectes et autres alliés du jardinier s’abritent encore du froid sous les feuillages flétris des vivaces, dans les tiges creuses des arbustes… Ne les délogeons pas trop tôt!
J’admire les floraisons hivernales en rêvant déjà des printanières. En écartant les feuilles mortes, je vois naître les premiers bulbes de l’année… Le sécateur me démange!

Je ne me précipite pas pour le grand nettoyage des massifs mais quand j’ai une heure par-ci, une demi-heure par là, saisissant au vol une furtive éclaircie, je fais de petites choses : couper court les plus vieilles branches du cornus alba pour favoriser l’apparition de bois plus coloré, tailler les clématites d’été et la glycine … et après la mi-février, si le temps le permet, probablement déjà tailler certains rosiers grimpants remontants.
Note : Le meilleur moment pour nettoyer le jardin dépend toujours de la région et de la météo!

Finir la taille des rosiers lianes

Pour le moment, ma priorité est de finir la taille des rosiers lianes (clic) sur les pergolas. Ce sont les rosiers « géants », très vigoureux, dont les longues tiges souples peuvent allègrement dépasser les 10 m de longueur pour certains. Ils sont capables de grimper librement dans les arbres. Mais quand ils sont sur une pergola, il faut impérativement les maîtriser et c’est un travail très long, qui demande du temps, de la patience et de la concentration (et de l’équilibre!).
Ces rosiers débourrent très tôt en saison. C’est pourquoi il faut les tailler au plus tôt, si on ne veut pas abîmer les bourgeons qui percent, en palissant les rameaux. André Eve, lui, commençait même à les tailler et les palisser en décembre dans son jardin personnel. Il faut dire qu’il avait beaucoup à faire et qu’il entretenait tout, tout seul!

enchevêtrement de rosiers lianes sur la pergola de Park Allée

La taille des clématites à floraison estivale et des glycine

Rabattre à hauteur des genoux les clématites estivales comme les viticella ou tangutica (soit toutes les tiges charpentières, soit seulement une partie), afin de favoriser l’émergence de nouvelles pousses. (attendre la fin de la floraison pour les clématites montana, ‘Armandii’ ou ‘alpina’ qui fleurissent au printemps).

Sur les clématites à grandes fleurs telles que ‘The Président’, ‘Mme Lecoultre’ ,’Nelly Moser’, etc. ne taillez qu’une branche sur 3. (sauf un vieux pied qu’il faut rajeunir sévèrement).

On peut aussi mettre une petite pelletée de compost bien mûr ou d’engrais organique au pied de chaque clématite, au printemps.

Taille et entretien des clématites, et des glycines (clic).

Je vous donne quelques explications en vidéo dans l’émission « Le Geste du Mois » – printemps : Taille des plantes grimpantes, en hiver: le rosier grimpant, la glycine et la clématite d’été.

taille des clématites

Tailler le cornus alba (et autres arbustes à bois colorés).

Tailler de moitié les branches des Cornus alba et couper au ras du sol les tiges les plus anciennes (les plus foncées) pour favoriser l’apparition de bois bien coloré.

tiges rouges du cornus alba Elegantissima

Soins aux rosiers

Entre la mi-février et la mi-mars, hors période de gel, je taille les rosiers remontants (càd ceux qui refleurissent une seconde fois pendant la saison).
Je commence généralement par la taille des rosiers grimpants remontants en février. (Note: inutile de  les tailler l’année qui suit leur plantation). Je vous donne quelques explications en vidéo dans l’émission « Le Geste du Mois » – Taille des plantes grimpantes, en hiver: le rosier grimpant, la glycine et la clématite d’été.

J’attaquerai la taille des rosiers arbustifs et buissons en mars.  On peut se fier à la période de floraison des forsythia comme point de repère pour les tailler au bon moment. C’est un truc qui marche quelle que soit votre région et votre climat!

Dans tous les cas, appliquez la règle des 4 M qui consiste à ôter le bois Mort, Malade, Moche (branches abîmées, blessées, qui se croisent, départs multiples,…) et les branches Malingres (trop fines que pour porter le poids d’une fleur). Aérez le centre des rosiers, équilibrez la charpente
Pour lire mes 10 conseils pour bien tailler vos rosiers, clic ici.

En mars, on rabattra les rosiers buissons et arbustifs de moitié ou d’1/3, selon la forme et la taille qu’on veut leur donner.
En revanche, pour les grimpants on ne raccourci surtout pas tout! Ne raccourcissez pas les tiges charpentières des rosiers grimpants! Taillez à 2, 3 ou 4 yeux, leurs tiges secondaires pour former un genre d’arêtes de poisson. Palissez les charpentières le plus possible vers l’horizontale pour favoriser la formation de tiges florales sur toute leur longueur.

On ne taille PAS maintenant les rosiers non remontants (càd ceux qui ne fleurissent qu’une seule fois). On attend la fin de leur floraison, en juin.

taille des rosiers avec un bon sécateur!

Les hellébores

Supprimez le feuillage abîmé, noirci, taché, de façon à mettre les fleurs en valeur.
Ne paillez pas le pied des hellébores mais apportez-leur éventuellement une pelletée de compost mûr ou à défaut un peu d’Or Brun.
Si vous obtenez des semis, déplacez-les aux endroits que vous voulez fleurir plutôt que de les laisser envahir le pied du plant mère.

hellébores Double Pink et cyclamen coum

Fertilisation et paillage

Incorporez dans les massifs du compost bien mûr et/ou un engrais organique à dissolution lente, (éventuellement en griffant légèrement la terre au niveau des racines) : par exemple un fumier en granulés ou de la corne torréfiée.
Un apport de « nourriture » profitera aux iris, pivoines, hémérocalles, asters, rosiers…

C’est un peu trop tard pour mettre une grosse épaisseur de BRF dans les massifs (à faire avant janvier) mais on peut encore épandre d’autres types de paillis organiques entre les plantes (coques de cacao, paillette de lin, de miscanthus ou de chanvre,…). Cela permet de conserver une bonne humidité du sol (donc moins d’arrosages en été), de limiter les mauvaises herbes et d’enrichir le sol (le paillis se transforme en humus en se décomposant).

Un paillage de BRF entre les plantes

Désherbage et bordures

La plupart de mes massifs étant couverts de vivaces couvre-sol (clic) ou de broyat de feuillus (BRF) depuis novembre ou décembre, la corvée de désherbage est presque inexistante ici. Malgré tout, les bulbes printaniers percent bien cette couche de paillage pour fleurir!

Dans les massifs où je n’ai presque pas mis de paillage, pour laisser leur chance aux semis spontanés ou parce que les plantations de vivaces couvre-sol sont assez denses pour couvrir la surface, j’enlève les rares indésirables à la gouge.
Pour mettre les petits bulbes printaniers en valeur, je ratisse autour avec un mini râteau à feuilles pour enfants, auquel j’ai mis un long manche en bois. Un petit « jouet » super pratique, qui se faufile partout sans abîmer les jeunes pousses. Les bulbes sont mis en lumière.

Toutes les bordures sont relevées. La découpe nette des bordures avec un outil en demi-lune parachève l’entretien du jardin et met les massifs en valeur!

paillage de BRF et coupe-bordure

Taille indispensable pour les tilleuls palissés

On peut tailler les tilleuls palissés au printemps (février/avril), avant la reprise de la végétation mais hors période de gel!
Il peut être nécessaire de tailler une seconde fois à la fin de l’automne.
Il s’agit principalement de raccourcir les brindilles qui filent dans le mauvais sens, de façon à garder la forme de « rideau » sur un seul plan et ainsi maintenir un beau port, un « squelette » harmonieux.
Ma palissade de tilleuls (clic ici)

taille printanière d’un tilleul palissé

Planter les petites fleurs printanières en jardinières

J’ai testé les primevères mais elles ont souffert des gelées. Les pensées supportent mieux les températures encore bien basses en février.

Avant la plantation, faites tremper les godets quelques minutes dans une bassine d’eau pour bien humidifier la motte. Si nécessaire, défaites délicatement la motte avec les mains pour « démêler » les racines.

hanging basket

Prendre soin des oiseaux du jardin…

Continuez à nourrir les oiseaux afin d’assurer la transition jusqu’au retour des insectes qui composent leur menu (on ne commencera à diminuer progressivement les quantités apportées qu’à partir de fin mars environ).

Privilégiez les graines en vrac, en particulier les cacahuètes non salées et le tournesol dont ils raffolent.
Multipliez les points de nourrissage et installez-les hors de portée des prédateurs.

Dans les mangeoires ouvertes (mangeoires plateaux), distribuez si possible une petite quantité chaque jour, à la même heure, plutôt qu’une grosse quantité une fois par semaine, afin d’éviter tout risque de moisissure et de ne pas favoriser la transmission de maladies.
Pensez aussi à jeter au sol un bout de pomme ou poire trop mûre, pour les rouge-gorge, les merles et les grives qui s’en délectent.
En revanche, évitez le pain sec, les miettes de pâtisserie la noix de coco… qui gonflent dans l’estomac des oiseaux et peuvent s’avérer dangereux.

nourrir les oiseaux avec des graines en vrac, en particulier les cacahuètes et le tournesol dont ils raffolent!

Et n’oubliez pas de leur donner de l’eau fraîche, pour boire mais aussi pour se laver!
Clic ici pour lire mes conseils « Comment nourrir les oiseaux en hiver? ».

Nettoyez les nichoirs si cela n’a pas été fait avant l’hiver, et installez-en éventuellement de nouveaux!

un moineau dans le bain d’oiseau

Vous pouvez encore planter des rosiers, arbres, arbustes et fruitiers, à racines nues

Février est le dernier mois pour planter des rosiers, des arbres et des arbustes à racines nues, hors période de gel bien sûr!
Les arbres et arbustes en conteneurs pourront encore être plantés jusqu’à la fin du printemps.
Cela dit, à mon sens, la meilleure période de plantation reste l’automne!  Les plantes ont alors l’avantage de bénéficier des pluies de l’automne et de l’hiver pour installer leurs racines en profondeur avant l’été.

En revanche, les plantations de début d’année ne sont pas armées pour résister à de longues périodes de sécheresse estivale, et il sera encore plus important de suivre au niveau arrosages tout au long de l’été pour favoriser un bon enracinement! (10L d’un coup, une fois par semaine, voire 2x en période de sécheresse prolongée, plutôt qu’un petit arrosage tous les jours).

Soins aux fruitiers

Il n’est pas trop tard pour tailler et faire un apport d’engrais organique (compost ou fumier bien décomposé) au pied des fruitiers : pommiers, poiriers, groseilliers, vignes…

Au potager

Vous récoltez encore les poireaux, chicons, épinards, mâche, oseille, choux…

Si le temps est clément, on peut commencer à planter l’ail, les échalotes, oignons, topinambours, pommes de terre… et semer les fèves.
C’est aussi le moment de semer sous châssis froid vos épinards, laitues, roquette, cerfeuil, persil, radis hâtifs, carottes de printemps,…

Nettoyage des vivaces sèches

Après la mi-février, si la météo est clémente, on peut éventuellement commencer à couper les tiges sèches de certaines vivaces dont les jeunes pousses pointent déjà le bout du nez (sedums, persicaires, asters…) mais n’allez tout de même pas trop vite en besogne car les insectes auxiliaires s’abritent dans les souches et sous les feuillages…  Aussi, si vous taillez précocement, laissez les tiges coupées sur place, recouvrez la souche avec, au cas où il y aurait encore quelques gelées nocturnes…

jeune feuillage des sedum

15 commentaires sur “Travaux du mois : février au jardin

  1. Bonjour Malo. Que de choses à faire au jardin! Mais quand s’arrêtera-t-il de pleuvoir? Quelle mauvaise répartition des précipitations dans l’année ! Les doigts me démangent mais je ne me plains pas située en haut d’une colline la maison n’est pas inondable au contraire de beaucoup d’habitations dans les Landes.

  2. Très bel article, merci. Comment faites-vous pur tailler une tige sur 3 des clématites? Moi, j’ai renoncé car je risque d’abîmer les souches. Les tiges sont tellement mélangées entre elles.
    Quant aux hellébores, Francis Peeters dit de pailler les pieds après avoir coupé les feuilles. Qu’en pensez-vous?

    1. C’est vrai que parfois les tiges sont bien emmêlées! Alors je coupe en bas et puis je remonte sur la la tige en coupant des petits tronçons au fur et à mesure, afin de pouvoir les extirper de l’enchevêtrement de branches sans en casser d’autres, et ainsi jusqu’au-dessus. C’est minutieux, ça prend du temps… 😉
      Pour les hellébores, elles sont sensibles à l’humidité et il y a des risques de pourriture du collet. Je ne recommande donc pas de paillage trop près du pied (il vaut mieux l’écarter d’au moins 10 cm de la souche). Mais un apport de bon compost bien mûr me paraît préférable. Ou alors éventuellement un paillage léger, pas trop compact, style couverture de feuilles mortes…
      Quel paillage recommande Francis Peeters?

  3. Bonjour,
    Je vous suis depuis quelques mois, une ou deux années, peut-être plus…. j’attends vos messages comme les enfants attendent Noël…. je suis vos conseils d’entretien, je me laisse convaincre par telle ou telle plante, je souris à certains de vos « posts » sur les animaux, les sabots de jardin….bref… vous êtes mon coach de jardin…. c’est un peu comme si nous échangions (je suis consciente que c’est à sens unique cependant) car je n’ai personne autour de moi aussi passionnée ! je suis même un peu moquée…
    Pour tous ces bons moments et judicieux conseils… merci….belle journée. Nicole

    1. Bonjour,
      Je souris en vous lisant! Je suis donc un peu comme une Mère Noël à l’année et c’est très motivant pour écrire encore! 😉
      Je vous remercie sincèrement pour ce si gentil message et votre confiance en mes conseils!
      Belle journée
      Signé : Votre coach! 😉

  4. Merci malo pour tes précieux conseils. J’ai pu faire la taille de mes grimpants entre deux pluies. Le jardin est impraticable à cause des pluies. Je patiente mais comme tu le dis rien ne presse. Bises

  5. Bravo pour cet article très complet qui me donne envie d’aller vite au jardin ! Malheureusement il pleut et surtout je dois aller travailler ! Vivement ce week-end !

  6. Bonjour,
    Je me suis abonnée il y a quelques jours en tombant sur un article « par hasard ». J’ai une question : Il y a 2ans, j’ai commencé un petit potager en pleine terre ( jusque là, je cultivais dans 3 bacs en hauteur) mais je me suis aperçue que mon petit bout de jardin qui contient beaucoup de pierres, morceaux de briques,…contenait aussi des bouts d’Eternit . Comment puis-je assainir la terre afin de planter sans peur et enrichir naturellement la terre?

    1. Bonsoir,
      Je ne vois pas d’autres solutions que d’évacuer la terre contaminée et d’en amener de la nouvelle, si vous voulez être certaine qu’il n’y aie plus de trace d’amiante…
      Ensuite, pour enrichir le sol, je vous conseille des apports de compost mûr ou le compostage de surface comme expliqué dans mon dernier article.
      Bonne soirée 😉

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