Le compostage de surface

Au jardin, quand je taille les fleurs fanées, tiges sèches, feuillages fatigués et arbustes, je laisse ces « déchets » directement sur le sol des massifs où ils forment un paillage sans cesse renouvelé et gratuit, qui préserve la fraîcheur du sol en été et protège du gel en hiver, tout en limitant les herbes indésirables.
C’est également une sorte de compostage en surface : mon sol est nourri, assoupli et enrichi en continu par la décomposition des matières organiques.

Compostage de surface : les « déchets » de taille de cette spiraea arguta jonchent le sol

Cela me facilite grandement la vie: cette technique limite considérablement la manutention puisque je ne transporte les déchets ni vers mon bac à compost, ni vers le parc de recyclage! Mon dos me remercie!
Je n’ai pas besoin de biner, ni d’arroser, ni de faire des apports supplémentaires d’amendement organique pendant l’été, ni d’acheter du paillage du commerce.

Compostage de surface

Ainsi, mes trajets vers le parc de recyclage sont rares : il n’y a guère que les tailles de rosiers que j’évacue, d’abord à cause des épines qui pourraient blesser (j’ai toujours peur que le chien ou des chats du quartier ne s’enfoncent une épine dans le coussinet) et aussi à cause des maladies cryptogamiques que je ne veux pas risquer de propager à d’autres rosiers… (Mais vous pourriez les mettre au pied d’une haie qui ne comporte pas de rosiers, comme ça il n’y a pas de risques!)
Pareil pour les feuilles malades de fruitiers s’il y en avait. Et j’évite aussi de composter le liseron, le chiendent, le lierre, les fleurs de pissenlits et les herbes indésirables montées en graines…

Compostage de surface

Que ce soient les herbes de tonte (en fine couche pour qu’elles sèchent bien et ne fermentent pas), les tailles de vivaces, les fleurs fanées, les tailles d’arbustes, de haies, les fruits blets, les algues du bassin,… les précieuses feuilles mortes en automne et même les «mauvaises herbes » avant qu’elles montent en graines, tout peut être composté directement sur le sol des massifs.

Les matières organiques compostées se transforment en un « terreau », un amendement naturel de qualité et gratuit, qui viendra améliorer la nature du sol dans les massifs ou le potager, afin de restituer des éléments nutritifs aux plantes.

Un sol fertile est un sol vivant et riche en humus!

Compostage de surface
Sur un tapis de feuillage sec, le géranium Katherine Adèle refait un nouveau feuillage après avoir été ratiboisé.

Même si tous les déchets peuvent être utilisés en compostage de surface, je ne préfère pas jeter mes déchets de cuisine directement dans mes parterres, d’abord parce que le chien irait farfouiller dedans à coup sûr, et puis parce que c’est moins « présentable ».
J’ai donc quand même 2 bacs à compost dans lesquels j’alterne des matières dites «vertes» et «brunes»…

Mais le compostage de surface sera pratique si vous n’avez pas de place pour des grands bacs composteurs. Mettez éventuellement vos déchets de cuisine en arrière-plan, derrière les arbustes, si vous craignez le côté inesthétique des matières non décomposées. L’important est avant tout de mélanger des matières vertes et brunes (herbes et branchages, par exemple)…

Compostage de surface
Compostage de surface, plus discret en fond de massif.

Pour réduire le volume des branchages quand je taille des arbustes, on a investi dans un petit broyeur de végétaux, léger, compact, pratique, efficace et relativement silencieux.
J’obtiens un broyat grossier, mélange de feuilles hachées, de brindilles et de branches broyées, que j’étale directement sur le sol des massifs.
Ce paillis garde la fraîcheur du sol (donc il faut moins arroser en été) et protège les souches du gel en hiver. Il limite la pousse des herbes indésirables et puis, en se décomposant progressivement, il nourrira les plantes.

Les branches trop grosses pour le broyeur finissent en petit bois pour le poêle en hiver… et leurs cendres reviendront elles aussi nourrir le sol des massifs!

Compostage de surface

En résumé, grâce à un broyeur et au compostage, je recycle sur place la quasi totalité de mes « déchets végétaux »!
Le jardin fournit les matières premières et en retour, il reçoit des éléments nutritifs qui enrichissent sa terre et améliorent la structure du sol.
Sans rien dépenser, et sans efforts physiques superflus, j’obtiens un engrais naturel de qualité grâce auquel mes plantes sont plus saines.

Compostage de surface
Compostage de surface
Compostage de surface après la taille d’arbustes et de vivaces
Compostage de surface : tous les « déchets » de taille restent sur le sol dans les massifs.

Dans les vues d’ensemble du jardin, cela ne se remarque (quasiment) pas…

C’est un cercle vertueux,… Le jardin et le jardinier ont tout à y gagner!

16 commentaires sur “Le compostage de surface

  1. Bonjour !
    Tout à fait d’accord, le seul point noir important pour moi : soit je traîne le broyeur jusqu’au fond du jardin, soit je ramène le bois mort en brouette jusqu’à la terrasse…deux opérations qui demandent de gros efforts physiques à une femme….
    Amicalement et au plaisir d’un nouveau reportage !

  2. Je fais la même chose. Je cache les déchets de cuisine sous le paillage ou je les jette dans les buissons. Je ne m’embête même pas avec les tailles de rosier, je les laisse au pied des rosiers qui n’ont pas l’air de s’en porter plus mal, et visiblement mes deux chats savent que ce n’est pas le meilleur endroit où se promener… Idem pour les mauvaises herbes, je les coupe et les laisse sur place se décomposer

  3. Bonjour, Au départ j’étais tentée d’adopter cette méthode, mais ne trouvais pas le résultat esthétique … et puis en regardant bien dans la nature lors de mes randonnées j’ai changé d’avis, la nature nous montre le chemin…
    J’ai donc finalement adopté la méthode, soit en broyat (j’ai un broyeur) soit directement en donnant quelques coups de sécateur pour réduire la taille. Le côté inesthétique disparait rapidement.
    Malorie, je suis très scrupuleusement vos chroniques que je trouve d’un grand intérêt. Mes plus vifs remerciements.
    Belles journées jardinières….

    1. On a tout à apprendre de la Nature et il est bon de l’observer pour mieux la connaître et pour s’en inspirer, quitte à modifier nos habitudes 😉
      C’est vrai que les végétaux ainsi laissés au sol deviennent vite bruns et se font rapidement oublier.
      Merci pour votre message si gentil!
      Bon dimanche.

  4. Bonjour, depuis plusieurs années, je pratique également cette méthode de recyclage des déchets verts. Cela facilite pas mal de choses : fini les va-et-vient à la déchetterie (sans compter le temps d’attente à la file en été), l’achat d’amendement, le travail de la terre car les vers de terre s’en occupe… bref, je rends à la Terre ce qu’elle m’offre avec reconnaissance, sauf les déchets malades évidemment.

  5. Hello Malo
    Je le fais depuis longtemps ,même avec les déchets de cuisine ;je me débrouille pour qu’on ne les voit pas trop .De toute façon la décomposition est très rapide si on ne les entasse pas au même endroit .De plus mes plantations sont si serrées que ce n’est pas un problème .
    Je trouve cela plus pratique qu’un vrai composte .Bien moins de manipulations …
    Bon dimanche !

  6. Bonjour, encore un article intéressant, merci beaucoup. Je ne me lasse pas de vous lire.
    Cet article m’inspire quelques questions. Pour les déchets de plantes d’ornement très bien, mais je suis surprise de lire cela à propos des mauvaises herbes. J’ai lu que certaines d’entre elles (et notamment le liseron et les pissenlits) peuvent repartir d’un débris quelconque de la plante, même de feuille. Vrai ou faux ?
    Pour le broyeur nous avons aussi, mais c’est plus long qu’un AR à la déchetterie, tout ça pour ne récupérer qu’une petite quantité de broyat => on s’est un peu découragé. Peut-être n’avons nous pas investi dans le bon modèle.

    1. Bonjour,
      Merci pour ce gentil commentaire enthousiaste 😉
      Comme indiqué dans l’article « j’évite aussi de composter le liseron, le chiendent, le lierre, les fleurs de pissenlits et les herbes indésirables montées en graines » 
      Pour le liseron ou le lierre, en effet, ils peuvent faire de nouvelles plantes à partir d’un simple bout de tige laissé sur la terre et qui prend racines…
      Pour les pissenlits, aucun risque avec les feuilles et tiges. En revanche, il ne faut pas composter les fleurs car, même coupées, elles continuent leur évolution jusqu’à la formation des graines.
      Je suis très satisfaite de notre broyeur Stihl. Vous le verrez sur la dernière photo dans cet article de l’année dernière qui reprend plusieurs infos liées à l’article sur le compostage de surface : https://lesjardinsdemalorie.be/tout-ce-qui-vient-du-jardin-reste-au-jardin/
      Belle semaine 😉

      1. Ah, j’avais bien lu la phrase, mais je croyais que la mention « montées en graines » s’appliquait à tous. J’ai lu un peu vite ! Merci pour ces éclaircissements. Et merci pour la référence du broyeur. On va y penser, avec la haie à tailler tout bientôt…

    1. Mon jardin n’est pas grand, mais j’ai tout de suite adopté cette maxime: rendre au jardin ce qui appartient au jardin. Il m’était matériellement quasi impossible d’emmener les ‘déchets verts’ à la déchèterie. J’ai donc appris à tout laisser sous les plantes. Pour ce qui est des branchettes, mes voisins doivent se poser des questions (s’ils s’en posent encore), en me voyant les réunir en bouquets puis les découper en petits tronçons au sécateur. Les plus grosses, je les entasse au fond des massifs et j’éparpille les déchets de tonte au dessus. En très peu d’années, on constate les bénéfices de la méthode.

      1. J’ai aussi testé la technique du sécateur sur les tiges de miscanthus … très vite nous avons acquis un broyeur !
        On a le broyeur Viking GE 355, ça aide bien et on broie pas mal de végétaux avec. (C’est une bonne acquisition)

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