Marre de désherber? Mes vivaces couvre-sol préférées

Un jardin sans entretien, ça n’existe pas!
La binette et l’arrachage manuel des « mauvaises herbes », c’est bien joli, mais sur de grandes surfaces, c’est ingérable!
Au pied des haies, sur les talus, à l’ombre des grands arbres, en bordure, pour combler les vides dans les massifs,… Imitez Dame Nature et ne laissez pas le sol nu!

Je vous ai souvent vanté les nombreux avantages du paillage : il limite les mauvaises herbes, il réduit les arrosages puisqu’il préserve l’humidité, il stimule la vie microbienne du sol et l’enrichit en se décomposant. Mais il faut le renouveler régulièrement et on ne peut pas en mettre partout!

Alors pour limiter considérablement la corvée de désherbage dans les massifs, il suffit d’y planter des vivaces couvre-sol!
Elles sont basses et si denses qu’elles forment un beau tapis étouffant efficacement la plupart des «mauvaises herbes ».
Voici des vivaces couvre-sol qui dépassent rarement 30 cm de haut et s’étalent progressivement grâce à leurs racines drageonnantes ou rhizomateuses, de façon à couvrir l’espace qui leur est dévolu. Ces plantes colonisent un maximum de surface sans demander une forte densité de plantation au départ. Elles se divisent facilement pour garnir d’autres coins de jardin.

1. Les incontournables Géranium vivaces

Mention spéciale pour le géranium macrorrhizum, en particulier ‘Spessart’ (blanc rosé) ou ‘Bevan’s Variety’ (rose vif). C’est un tout-terrain : il s’adapte à toutes les expositions et ne demande jamais aucun entretien. Son beau feuillage est semi-persistant, ultra couvrant.
Il se développe très rapidement grâce à ses rhizomes charnus. Ses racines émettent une sorte de toxine empêchant la germination des graines naturellement présentent dans le sol. Plus esthétique, plus économique et plus efficace qu’une toile plastique, il couvrira des talus entiers!

géranium macrorrhizum ‘Spessart’

Géranium cantabrigiense est aussi très efficace et sans aucun entretien!

géranium cantabrigiense

Le géranium ‘Rozanne’ préfère le plein soleil mais accepte aussi la mi-ombre.
Une belle et très longue floraison bleue (de mai/juin jusqu’aux gelées). Il se satisfait de tous les types de sols, même secs, et supporte les grands froids.
Il ne demande que peu d’entretien, juste le ratiboiser une fois en fin d’hiver.

géranium vivace ‘Rozanne’

Le géranium sanguineum a un développement plus étroit mais forme un couvre-sol efficace et sans aucun entretien!

géranium sanguineum striatum

2. Les indispensables épimédium ou « Fleur des elfes »

Je suis fan des épimedium, en particulier les variétés ‘Sulphureum‘, ‘Rubrum’, ‘Fronhleiten’, ‘Orange Konigin’… qui font d’efficaces couvre-sol avec un joli feuillage persistant, vert souvent teinté de rouge, qui prend de belles couleurs à l’automne et leurs délicates petites fleurs en avril.
Pas le moindre entretien à faire…

hellébore épimedium carex

3. L’alchemille commune (Alchemilla mollis)

Elle s’accommode tant du soleil que de la mi-ombre et convient parfaitement aux lisières de sous-bois comme aux bordures de massifs.
De juin à août, des nuages de petites fleurs jaune anisé surplombent le beau feuillage plissé qui retient les gouttes de pluie ou de rosée.
En été, quand le feuillage semble fatigué, on peut éventuellement le couper à ras et un nouveau feuillage tout frais arrivera bien vite pour finir la saison.
Caduc à semi-persistant.

Alchemilla mollis

4. Les campanules des murs

Les campanules des mur (C. poscharskyana et C. portenschlagiana) sont très accommodantes. Les petites clochettes bleues ou blanches fleurissent longtemps et se plaisent dans les rocailles ou les bordures de massif exposés au soleil ou à mi-ombre.
Jamais aucun entretien!

campanules des murs

5. Le lamier maculé blanc ou rose (Lamium maculatum)

Il aime la mi-ombre qu’il éclaire avec son feuillage maculé de blanc argenté. Feuillage semi-persistant et à croissance rapide. Il fleurit de mai à juillet et remonte un peu plus tard en saison.
Il apprécie un sol humifère mais se contente de peu.  Pas besoin de le tailler!

lamium blanc

6. Le Pachysandra terminalis

Plante d’ombre et de sous-bois, même sous de grands arbres avec la concurrence racinaire. Petites fleurs blanches au printemps. Feuillage persistant bien dense.
Evitez les sols calcaire et trop humides.
Comme la croissance est plus lente, plantez 5 pieds au m² pour couvrir la zone rapidement.
Il ne demande aucun entretien, juste découper les bords si il dépasse de ses limites.

7. L’ophiopogon noir

Très accommodante, cette vivace aux allures de graminée est très originale avec ses longues feuilles persistantes, presque noire.
Elle pousse aussi bien au soleil qu’à l’ombre des grands arbres.  Aucun entretien si ce n’est diviser la touffe de temps en temps pour en mettre à d’autres endroits du jardin! 😉

Les carex (laîches) sont aussi intéressantes, surtout les variétés panachées, plus lumineuses. Par exemple, Carex morrowii ‘Ice dance’, persistant, se développe rapidement par l’intermédiaire de rhizomes souterrains, surtout en sol riche et frais, au soleil ou à mi-ombre.

Viola labradorica et ophiopogon planiscapus nigrescens

8. La violette odorante

Un feuillage tapissant, semi-persistant, des fleurs au parfum envoûtant, une très longue floraison et plein de semis spontanés pour s’immiscer dans les petits trous disponibles…
En sol ordinaire, neutre et drainé, dans la pelouse, dans une rocaille, en bordure,… Au soleil ou à mi-ombre.

ravissantes violettes

9. Les persicaria bistorta ou persicaria affinis…

Persicaria bistorta ‘Superba’ ou Persicaria affinis ‘Darjeeling Red’ ou d’autre encore…  Elle apprécie un sol frais, au soleil ou à mi-ombre, et ne supporte pas la sécheresse prolongée. Mais le feuillage n’est pas persistant…
Il suffit de couper les hampes florales fanées.

persicaria bistorta ‘Superba’

10. Le bugle rampant (ajuga reptens)

Un feuillage persistant vert ou pourpre brillant. Il s’accommode de toute exposition, en tout sol fertile et pas trop sec. Excellent accroche talus.
Fleurs bleues en épis, de juin à août.  Aucun entretien!

bugle (ajuga reptens)

11. Le cyclamen de Naples (Cyclamen hederifolium)

Illumine les sous-bois en fin de saison, avec des tapis de fleurs roses et mauves (clic).  Le feuillage est aussi intéressant!
Aucun entretien!

le beau feuillage des cyclamens de Naples

12. Les stachys byzantina

Il aime le plein soleil! C’est une plante adaptée aux jardins secs et aux sols pauvres. Idéale en bordure de massif ou dans une rocaille sèche. De culture facile et très résistante au froid et aux intempéries.  Persistant ou semi-persistant.
Les feuilles épaisses, duveteuses, gris argenté, sont très douces au toucher. Les hampes florales portent des épis de fleurs violacées en été.
La touffe grossit progressivement mais ne devient jamais envahissante.  L’entretien se limite à supprimer les hampes florales fanées….

stachys byzantina (oreille d’ours)

13. Les bergenia (plante des savetiers)

Moi je les aime beaucoup mais ils ne plaisent pas à tout le monde avec leurs grandes feuilles lustrées qui peuvent paraître artificielles et leurs fleurs d’avril sans beaucoup de finesse. Néanmoins, la touffe compacte formée par le feuillage persistant est efficace pour étouffer les adventices et certains se colorent joliment en automne! Les feuilles rondes et épaisses contrastent admirablement avec des feuillages plus découpés. Ils se développent doucement à l’aide de rizhomes charnus et se débrouillent sans entretien, si ce n’est éventuellement couper les fleurs fanées et l’une ou l’autre feuille sèche après l’hiver, et encore!
Peu exigeants en terme de sol et d’exposition, ils poussent partout sauf en sol détrempé.

bergenia inconnu près de l’aster ‘Monch’

14. La petite pervenche (Vinca minor)

Pour les parties ombragées du jardin. Il en existe des variétés à fleurs bleues, blanches ou roses et même à feuillage panaché de crème comme ‘Aureo-variegata’ .
Elles galopent sous les arbres ou sur les talus ombragés difficiles d’accès. Réservez-les aux grands espaces, elles peuvent se montrer envahissantes!

pervenche (vinca minor)

Et vous, quelles sont vos vivaces couvre-sol indispensables?

25 commentaires sur “Marre de désherber? Mes vivaces couvre-sol préférées

  1. Mon préféré le géranium macrorhyzome une belle plante à l’épreuve de tout, facile à multiplier supporte tout, j’en fait des boutures à l infini je l adore!

  2. Bonjour,
    J’apprécie infiniment tous vos articles. Photos et textes sont toujours d’une clarté parfaite et donnent envie de se propulser au jardin !
    Geranium macrorrhizum et cantabrigiense ne risquent-ils pas d’étouffer les vivaces ou rosiers en place ??? Ils avancent telle une armée, occupent vite l’espace de belle façon. Je pense qu’il faut limiter manuellement ces intrépides et que c’est facile ??? Comment les domptez-vous ?!
    Belle journée Malo.

    1. Merci beaucoup! 😉
      Ces géraniums sont on ne peut plus faciles à limiter car les racines traçantes rampent en surface du sol. Il suffit donc de tirer dessus pour arracher une partie de la touffe sans se fatiguer! Et ainsi, si nécessaire, dégager le pied d’un rosier ou d’un arbuste qui a besoin de respirer…
      A l’inverse, le Houtttuynia cordata dont on ne sait plus se débarrasser une fois installé. L’aspérule odorante est superbe mais chaque morceau de racine oublié reprend de plus belle! Ou encore l’herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria ‘variegatum’) qu’il faut surveiller régulièrement si on n’a pas de grands espaces illimités. Ceux-là je ne les conseillerais qu’à des jardiniers expérimentés.

  3. J’aime bien le géranium macrorrhizum mais il est assez haut. Cantabrienge est plus modeste 20-30 cm max : chez lui mon préféré est Biokovo (Blanc rosé).
    J’ajouterai à ta liste Veronica peduncularis et veronica armena (en sol bien sec pour cette dernière). Mais aussi à l’ombre d’arbuste : Pulmonaria (bcp de variétés) et Montia (Claytonia) sibrica. Merci pour ce joli article de fond. Bises

    1. Encore de belles propositions! Merci!
      J’ai oublié les Montia! Et aussi les lysimachia nummularia tiens! Il y en a tant!
      Et je ne connais pas le tolmia!
      Si on pense aux veronica, alors on peux ajouter les phlox, les aubriètes, alysses, arabis, erigeron… le choix est si vaste!
      Belle journée!

  4. J’ai à peu près les mêmes mais avec ces 2 dernières années de canicule les maccrorhysum pourtant plantés depuis longtemps ont vraiment soufferts et font des trous maintenant. Les autres géraniums se sont bien portés mais les Rozannes n’aiment pas la grosse chaleur et les miens ont vivoté cette année.
    Les maccrorhysum ne dérangent pas les autres plantes et s’arrachent très facilement.

    1. Les macrorrhyzum sont pourtant très costauds… Mais c’est vrai qu’au bout d’une bonne dizaine d’années ils peuvent s’essouffler. Peut-être refaire quelques boutures pour rajeunir les touffes?

  5. Bonjour Malo,J’ai aussi ces plantes chez moi avec plus ou moins de réussite. L’achillée mollis et le lamium blanc ne se plaisent pas et disparaissent la 2° année. La pervenche envahit les massifs et j’essaie maintenant de l’éradiquer. Rozanne et l’épimedium se comportent plus comme vivaces que comme couvre-sol.J’ai aussi le céraiste, l’aspérule odorante, la crucianelle, des petits fusains rampants, le lierre terrestre,la véronique multiblue, les fraisiers,le thym… bref tout ce qui me simplifie la tâche. J’aime bien désherber mais mon dos beaucoup moins.

    1. Que de jolis choix! Tous ces couvre-sol sont précieux!
      C’est vrai que la pervenche peut s’avérer envahissante! Etonnant pour l’achillée, elle est si facile!
      Pour les épimediums, en prenant soin de choisir les variétés persistantes les plus vigoureuses, on ne peut qu’être comblés! (il existe des épimediums caducs et de plus petit développement, ceux-là me déçoivent également).

    2. Super cet article ! Chez moi aussi mon grand tapis de géranium macrorhyzum se meure au centre suite aux fortes chaleurs. Mon rozanne ne s étend pas du tout et il ne fleurit plus. Dernièrement je voulais acheter des bruyères pour mettre au pied de mon bouleau, mais j étais incapable de choisir. Peux tu me guider ? Merci
      Lydie

  6. J’ai oublié l’érigeron karvinskianus qui se ressème partout (quelle chance! ce sont les seules touffes vertes dans ma pelouse paillasson), les ficoïdes qui végétalisent ma bande de sable près de la terrasse. L’année prochaine , je tente l’apténia: je suis en train de le bouturer (il est gélif )
    Je veux bien des conseils pour l’achillée : ensoleillement , sol, humidité…

  7. j’ai aussi toutes ces variétés que tu préconises , par contre je me bats avec la pervenche très envahissante dans un massif où j’ai fait l’erreur dans planter un petit bout ! je n’arrête pas de l’arracher mais rien à faire …. en ce moment je l’ai recouverte de cartons (pas très joli) , crois-tu que çà va la faire disparaître ? j’en doute … car les racines sont toujours présentes !
    par contre, j’adore l’ophiopogon, mais long pour obtenir une belle touffe ! jamais contente la jardinière, toutes les autres plantes me donnent satisfaction.
    Merci beaucoup de tous tes articles, un régal de te lire,

  8. bonjour Malo
    J’ai à peu près tous ceux dont tu parles mais mon chouchou reste le géranium macrorrhizum qui est arrivé tout seul dans mon jardin il y a longtemps ..Il me sert à tout ,j’ en plante aussi lorsque je dois faire une plantation ultérieurement ,pour ne pas laisser la terre nue :il est très facile à arracher …Je ne le bouture pas ,je le divise et les morceaux reprennent avec une facilité déconcertante .
    J’en ai donné aussi beaucoup aux jardiniers amis qui ne savaient pas quoi mettre sous les arbres !
    bonne journée !

  9. Chez moi, le couvre-sol naturel, c’est l’égopode!!! Il n’a qu’un défaut : il étouffe tout le reste et il est impossible de l’arrêter… Sinon, le cyclamen me résiste, les renouées aussi, et le si joli Epimedium n’est pas à son aise. Les autres plantes ont droit de cité au jardin, même si j’ai beaucoup de peine avec l’odeur du Géranium macrorrhizum qui est pourtant bien vaillant!

  10. indispensable du moins ici dans le sud ouest : le PHLOMIS RUSSELIANA !! évidemment je valide tout le reste mais tous ne poussent pas les mêmes conditions : un ex , ici l’Aegopodium podagraria ne veut rien savoir … disparait dés la première année de plantation … (nombreux essais pourtant et dans différents endroits du jardin) donc le phlomis ne resisterait peut être aux brumes belges ? bises

  11. Bonjour Malo,
    Chez moi, c’est le géranium sanguineum qui m’agace vraiment ; je n’arrive pas à m’en débarrasser ! Avec les grosses chaleurs, certains géranium ont bien souffert par contre mais ils repartent aujourd’hui

    Certains Sedums sont super en couvre-sol, fleuris ou non …
    Bonne journée, bises.

  12. Un superbe article. Chez moi les géraniums endressi marchent bien aussi. J’utilise aussi pas mal de phlox subulata et de l’iberis sempervirens. Dans les massifs un peu plus ombragés les heucheras sont superbes comme couvre-sol. Dans mes coins très très secs ce sont les l’euphorbes myrsinites qui couvrent tout. Merci pour toutes ces informations bien utiles. Bisous et bonne journée

  13. A part la pervenche qui envahit tout et que je suis obligé d’arracher et le bugle, les plantes que tu cites ne se développent pas tellement chez moi.
    Chez moi, c’est le lierre qui pousse comme un fou. Je n’en suis plus maitre !
    Encore de la pluie ! Le soleil me manque déjà !

  14. elles sont toutes faciles à cultiver …..et à arracher
    pour moi la plus jolie ,à condition d’être à mi ombre , c’est le G.Rozanne, facile à multiplier , il suffit de diviser les racines , les autres méthodes ne marchent pas
    anne

  15. j’ai oublié de nommer le G.Endressi , qui pousse partout même à l’ombre claire , jolies fleurs roses de mai à fin juillet, on le rase à cette période ( ça tombe bien puisque cela correspond aux périodes de canicules ) puis en 15 jours le feuillage bien vert repousse et même parfois refleurit. C’est un très joli couvresol , qui s’arrache très facilement s’il devient envahissant

  16. Merci Malo pour cet article très complet. Chez moi, l’hélianthème fonctionne très bien plein sud en sol pauvre. Il forme un énorme coussin gris persistant rempli de magnifiques fleurs rouges qui semblent découpées dans du papier crépon au printemps.

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