Les étés secs et caniculaires qui se succèdent ces dernières années n’épargnent pas nos jardins. Certaines plantes en souffrent particulièrement…
Malgré cela, j’arrose très peu et je n’interviens quasiment pas dans les massifs en cette période de l’année.
Après tout, n’est-il pas plus agréable de profiter de l’été pour contempler la Nature et rêver aux futures plantations, récolter les savoureux légumes du potager, partager de bons moments en famille ?
1. Pro-fi-ter!
C’est l’été! On se repose, on se promène, on se régale!
On profite des transats pour se détendre, lire, tricoter, siroter un verre ou faire la sieste,… et on se laisse aller à rêver!
Je n’attends pas le soleil pour m’asseoir au jardin, ne fût-ce qu’un instant, parfois même sous le parasol quand il pleut! Le plaisir des pluies d’été…
En période de canicule, on fait le tour du jardin très tôt, ou très tard, en évitant les heures les plus chaudes pour ne pas fondre comme… crème glacée au soleil!

2. Regarder pousser les fleurs…
Quand je me pose au jardin, je profite de l’instant et je contemple la nature autour de moi, les abeilles qui butinent, les papillons qui virevoltent, les oiseaux qui viennent boire au bassin,…
L’observation est une étape importante dans la conception d’un jardin harmonieux…
Un jardin est en perpétuel mouvement. On note mentalement les plantes à déplacer, à diviser, à ajouter,… Les associations de feuillages qui fonctionnent … ou pas!
Et celles qui résistent à la sécheresse… ou pas!
La saison de plantation approche et c’est le moment de dresser la liste des végétaux à acheter…
Il est grand temps de repenser nos jardins en tenant compte du changement de climat : il me paraît évident que je vais devoir remplacer certaines vivaces et arbustes par de plus résistants à la sécheresse…
J’en suis triste… mais il faut rester positif! Je ne veux pas m’apitoyer sur un paillasson qui reverdira aux premières pluies alors que ce dérèglement climatique a d’autres conséquences bien plus dramatiques…
Saisissons plutôt l’occasion de faire évoluer le jardin, de planter de nouvelles choses…
Puisque nos jardins doivent s’adapter au climat autant qu’au terrain dont on dispose, pourquoi ne pas commencer tout de suite?! Nous n’avons pas le pouvoir de changer la météo, mais nous pouvons mieux choisir les plantes que nous installons…

3. Pailler le sol, ça simplifie la vie!
Maintenir une bonne épaisseur de mulch, ça diminue considérablement le travail : pas besoin de biner, presque plus de désherbage, beaucoup moins d’arrosage,… et davantage de temps pour le farniente (cfr points 1 et 2, de loin les plus importants en juillet/août)!
Un paillis suffisant permet de protéger les plantes des fortes chaleurs et limite l’évaporation.
On continue donc de couvrir le sol en laissant dans les massifs l’herbe de tonte (en fine couche au pied des tomates par exemple) et les déchets de taille des arbustes à floraison printanière (cfr point 6)
Tout au long de l’été, on peut tailler les branches des glycines devenues encombrantes… et les laisser en petits morceaux directement sur le sol…

4. Arroser le matin ou le soir…
Je suis bien mal placée pour donner ce conseil, moi qui oublie souvent d’arroser mes potées et jardinières… Pourtant, les plantes en pot sont celles qui ont le plus besoin d’un arrosage régulier car la terre sèche plus vite dans un contenant: prévoir 1 à 2 copieux arrosages hebdomadaires selon le climat et l’exposition.
Pour ma part, j’ai remplacé la plupart des annuelles soiffardes par des sedums et des joubarbes. Je refuse que mon jardin devienne une corvée et d’utiliser de l’eau à l’excès pour le maintenir vert!
Les réserves d’eau de pluie sont destinées exclusivement au potager et aux plantations récentes.
Au jardin, en cas de sécheresse prolongée, les hydrangea et les érables en pot sont les seuls auxquels je verse un arrosoir, juste 1 à 2 fois par mois, pour pallier au manque d’eau car ils supportent difficilement la sécheresse et les fortes chaleurs.
Le paillage au sol est efficace et limite grandement les besoins en eau!
Si il fait sec, arrosez les plantations récentes (moins de 2 ans) qui n’ont pas encore développé leur système racinaire. Mieux vaut arroser généreusement 1 à 2 x /semaine qu’un petit peu tout les jours pour qu’ils puissent s’installer et aller puiser l’eau en profondeur.
Arrosez au pied des plantes, de préférence tôt le matin ou alors tard le soir pour que l’eau ne s’évapore pas et pénètre en profondeur dans le sol.
Pour ce faire, récupérez l’eau de pluie autant que possible…
Au besoin, envisagez l’installation prochaine de réservoirs d’eau de pluie…
Si une période de sécheresse se prolonge, les plantes apprécieront d’être bassinées de temps en temps, c’est-à-dire arrosées en pluie fine sur l’ensemble du feuillage.
Notez que l’eau versée le soir, sur une terre encore chaude, s’évapore en partie directement… Cette combinaison d’humidité et de chaleur peut favoriser l’apparition de maladies cryptogamiques.
Le mieux serait donc d’arroser le matin, très tôt! Mais encore faut-il avoir le courage de se lever à 5h du matin pour arroser avant qu’il ne fasse trop chaud et que les plantes aient le temps d’en profiter!

5. Surveiller le niveau d’eau des bassins et remplir les abreuvoirs
Les animaux du jardin souffrent aussi de la sécheresse et de la canicule! Pensez à leur mettre de l’eau fraîche quotidiennement.
Installez un abreuvoir pour oiseaux et déposez chaque soir une coupelle d’eau sur le sol pour les hérissons afin qu’ils trouvent de quoi se désaltérer, surtout en cas de canicule!
Quelques cailloux dans un coin de ces abreuvoirs éviteront que les insectes s’y noient.
On peut également aménager un mini-bassin, très décoratif en plus d’être utile à la petite faune.
Ajoutez de l’eau dans les pièces d’eau si le niveau descend trop au cours de l’été avec les fortes chaleurs.
Pour le reste, ici, le bassin se débrouille: les poissons rouges y trouvent naturellement les nutriments dont ils ont besoin et la petite cascade apporte de l’oxygène dans l’eau. Il faut simplement de temps en temps enlever les algues filamenteuses à l’aide d’un bâton.

6. Supprimer les fleurs fanées
Achevez la taille des arbustes qui fleurissent en fin de printemps : couper les tiges défleuries des seringat, deutzia, spirées d’été, choisya, céanothe, weigelia, lavandes, lilas, ribes, etc.
Faites sécher les brins de lavandes pour en faire de jolis sachets qui parfumeront le linge dans les armoires!
Fin juillet, on peut tailler aussi les aubépines, les pyracanthas,…
Les nichées d’oiseaux sont normalement finies mais restons attentifs!
Ne taillez les rosiers non remontants que si ils ne fructifient pas à l’automne. Ce serait dommage de se priver des jolis cynorrhodons décoratifs et nourriciers pour les oiseaux!
Par contre, coupez au fur et à mesure les fleurs fanées des rosiers remontants (ce sont ceux qui refleurissent en cours d’été) pour les inciter à produire de nouvelles fleurs. (Comment couper les roses fanées?)
Supprimez les fleurs fanées des vivaces : hémérocalles, achillées, phlox, gaillardes, scabieuses, nepeta, cosmos,…
Rasez carrément le feuillage des alchemilles ou des géraniums vivaces qui vous semblent fatigués. Un nouveau feuillage naîtra bientôt!

7. Nourrir les rosiers remontants
Les rosiers dits « remontants », ce sont ceux qui refleurissent au moins une deuxième fois en cours d’été, ou ceux qui fleurissent presque sans interruption jusqu’à l’automne.
Quand ils finissent leur première vague de fleurs, ils préparent la suivante dans la foulée. Pour soutenir cette nouvelle floraison, un apport d’amendement organique sera bienvenu.
J’avoue néanmoins que mes rosiers se passent d’apport en cette saison, si ce n’est que je laisse toujours se décomposer directement sur le sol tous mes déchets de taille d’arbustes ou de fleurs fanées. C’est à la fois une sorte de compostage à l’horizontale (appelé compostage de surface) et un paillage qui préserve la fraîcheur, ce qui est précieux en été, lors des canicules. Avec cette technique, mes rosiers sont donc protégés et nourris en continu (Clic pour lire mon article « Tout ce qui vient du jardin, reste au jardin! »).
En cette saison, adoptez plutôt les engrais organiques bien dosés en potassium (K) pour favoriser la floraison. Dans mon jardin, pour un apport de potasse, je donne simplement chaque automne/hiver 1 ou 2 poignées de cendre de bois à chaque rosier (on peut également faire cet apport en donnant du patentkali en juillet).
Attention, n’abusons pas des engrais « coup de fouet » très dosés en azote, qui sont susceptibles de favoriser la venue des pucerons. En effet, les rosiers trop nourris en engrais azotés développent de jeunes pousses particulièrement tendres et sucrées dont les pucerons raffolent!
Coupez au fur et à mesure les fleurs fanées des rosiers remontants pour les inciter à produire de nouvelles fleurs. (Comment couper les roses fanées?)
Je ne coupe plus les fleurs fanées après le mois d’août quand je veux les laisser fructifier.
Et ne pas oublier d’arroser abondamment, une fois par semaine, les rosiers dont c’est le premier été au jardin! (10 litres d’un coup!), même si il pleut!

8. Plantez, semez, marcottez…
Plantez des bulbes d’automne (cyclamens de Naples, glaïeuls, colchiques, crocus safran…).
Divisez (si nécessaire) et plantez les iris.
Récoltez des graines d’annuelles et semez-les directement en place dans vos massifs ou chez des amis: campanules, ancolies, nigelles, cosmos, myosotis, linaria, cyclamens, balsamines, roses trémières, pensées, silènes, giroflées, delphinium,… (clic ici)
Pour en semer certaines directement en place, j’ai simplement secoué les tiges au-dessus des massifs. C’est bien moins de travail que des semis en godets à éclaircir puis repiquer,…
N’arrachez pas systématiquement les plantes montées en graines, elles nourriront les oiseaux et petits mammifères pendant l’hiver, elles abritent bon nombre d’insectes auxiliaires du jardinier pendant toute la mauvaise saison, certaines restent décoratives et en plus les graines se ressèmeront naturellement pour apporter une touche de spontanéité à vos massifs.
En juillet, on peut marcotter les clématites, jasmins, bignones,….

9. Tondez la pelouse… ou pas!
En été, ne tondez pas votre gazon trop souvent et surtout pas trop court, il résistera mieux à la sécheresse.
Les pelouses grillées par la sécheresse reverdiront toutes seules. Les premières pluies automnales l’aideront bientôt à se régénérer. Inutile de gaspiller ridiculement nos précieuses ressources d’Or Bleu en l’arrosant…
Evitez de laisser tourner une tondeuse-robot la nuit (entre 20h et 8h environ), afin d’épargner la vie des hérissons en goguette!…
Quand on dispose d’assez d’espace, on peut même laisser des zones non tondues, c’est moins contraignant et cela favorise la biodiversité avec l’installation de nombreux auxiliaires utiles au jardin. … Et puis c’est joli un coin champêtre comme ça!
Pour éviter un aspect qui peut paraître négligé à certains, il suffit de bien délimiter la zone en tondant le pourtour.
Lire mon article sur les jardins naturels et la tonte différenciée.



10. Accueillez la petite faune pour vous aider au jardin
Si vous suivez mes conseils depuis un moment, vous avez déjà banni les pesticides et les traitements insecticides, même le savon noir! Vous avez planté ou semé plein de fleurs mellifères et installé des nichoirs, des bains d’oiseaux, des abris à insectes, des tas de bois, de branchages et de feuilles, un tas de pierres, un petit bassin et une zone de pelouse non tondue peut-être aussi… afin de favoriser la venue des auxiliaires, leur nidification et leur hibernation pour qu’ils s’installent durablement au jardin.
Coccinelles, syrphes, chrysopes, hérissons, grenouilles, triton, abeilles, guêpes solitaires vous aident à réguler le développement des ravageurs au jardin.

11. La taille et l’entretien des tilleuls palissés
Les tilleuls palissés doivent être taillés au moins une fois par an, en juillet-août: on laisse seulement quelques centimètres de nouvelles pousses chaque année de manière à ce qu’ils se densifient mieux.
Il s’agit de créer des rideaux de faible épaisseur. Pour cela, les pousses qui sont perpendiculaires au palissage peuvent être supprimées durant l’été si nécessaire.
Il faut attacher les pousses au fur et à mesure de leur croissance sur la structure.

12. Au verger et au potager
Le potager, c’est moins mon truc que les fleurs… Mais l’été, je récolte avec gourmandise les tomates, les jeunes courgettes, plus savoureuses, je coupe les salades à tour de rôle comme ça elles ont le temps de refaire des feuilles pour plus tard… Je pince les aromatiques que j’utilise en cuisine…
Je me régale des cassis, groseilles ou framboises que je déguste à peine cueillies! Ne m’invitez pas chez vous au moment de la récolte, il ne vous restera plus rien! 😉

J’arrose les plants de tomates qui sont sous la serre… et je les attache sur les tuteurs au fur et à mesure que les tiges poussent.
Suivant les conseils d’une spécialiste rencontrée à la fête des plantes de Bergères, je ne supprime plus les gourmands aux aisselles des feuilles.

Dans son jardin, mon papa produit ses propres semences de courgettes et de tomates.
De votre côté, vous pouvez butter les haricots pour favoriser l’enracinement et économiser l’eau d’arrosage.
Semez encore des légumes d’automne (épinards, mâche, navets, arroche, betteraves, bettes, carottes, cerfeuil, chicorées, choux, cresson, fenouil, oignons blancs, persils, poireaux, pois, pourpiers, radis, roquettes, salades…), et si vous avez un coin « vide », semez de l’engrais vert.
Continuez à éclaircir vos légumes semés en juin (carottes, choux, navets, poireaux, salades,…).
Jusqu’à la mi-juillet, vous pouvez encore semer des variétés précoces de haricots verts, ou planter les tomates et courges en godet, choux et poireaux d’hiver, les laitues, les chicorées d’automne…
En juillet, au verger, pratiquez la taille en vert pour compléter la taille d’hiver. Elle permet de dompter une végétation trop exubérante et dans le cas des poiriers et des pommiers d’obtenir de plus gros fruits.
Taillez les framboisiers non remontants.
En août, il est encore temps de semer cerfeuils, choux, engrais verts, épinards, mâches, navets, oignons, radis, roquette, salades… Et de planter les chicorées, choux, poireaux,…
Mais surtout, comme Timy, ne négligez pas les points 1 et 2… Bel été!





Profiter?! Ça, ça me plaît. Bel été!
Je vous souhaite un bel été .
Je vais essayer de profiter un peu de mon jardin ,mais il y a tjrs qq chose à y faire .
Merci pour tous les conseils… avant de profiter des vacances, il y a du travail de nettoyage dans les massifs 🙂 Bel été à vous
J’ai tellement de travail au jardin en ce moment que je vais certainement oublier les points 1 et 2 ! Et puis j’ai tellement de plantes en pots que les arrosages sont plus que nécessaires !
Bonne soirée.
ça je ne sais pas faire, profiter, si je reste assise 5mn c’est tout! je vois toujours qqchose à faire! c’est un terrible défaut d’être perfectionniste!
Bel été Malo et je que j’aimerai faire comme Timinou …..Je vais essayer ……Merci pour tout les conseils
J’aime faire un bon nettoyage je nourris les remontants … et je paille après je contemple dans le plaisir et le bonheur
Bonjour,
Comment nourris-tu tes rosiers remontants?
Merci, bises
Merci pour ces précieux conseils Malo, je file donc au jardin
Bonjour.
Vos conseils me sont précieux…. et à travers eux on percoit votre amour des jardins de la nature…. s’il fallait noter un blog de jardin….. c’est le vôtre que je choisirai !
Je vous souhaite un bel été.
Je retourne au jardin…..
Je vais tailler les roses et vivaces fanées, arracher quelques mauvaises herbes et surtout profiter oui, me reposer. Le jardin c’est aussi un coin détente où il est bien agréable de se poser et de regarder les enfants jouer. Bonne journée !
Je te souhaite un très bel été, sous le soleil (de préférence) ou sous… qui ne ferait pas de tort à toutes nos plantes et nous éviterait d’amputer notre temps de « farniente ».
Bisous et à bientôt.