Jardin Naturel et tonte différenciée

Un beau gazon vert, avec une tonte régulière, met parfaitement en valeur les massifs fleuris qui l’entourent et offre un espace agréable pour se prélasser et jouer.
La prairie naturelle, elle, s’inscrit pleinement dans le paysage champêtre ou urbain, et présente l’avantage d’accueillir une riche flore indigène et une prodigieuse micro-faune à observer, tout en demandant nettement moins d’entretien au jardinier!
Le mariage harmonieux de zones maitrisées et de zones naturelles permet de conjuguer les atouts des deux modes de culture. C’est ce que l’on appelle une « culture différenciée ».

Le gazon tondu met en valeur le massif à gauche et contraste joliment avec la prairie naturelle. Tonte différenciée au Jardin du Sous-bois à Wépion
Jardin du Sous-Bois à Wépion: un exemple de tonte différenciée
Parfaitement intégré au paysage, le Jardin bohémien de Berchigranges est un bel exemple de jardin naturel parcouru par des sentiers de gazon tondus

Comment créer une zone de prairie naturelle?

C’est facile! Laissez pousser!
Il ne s’agit pas de semer une prairie fleurie et il est inutile d’ajouter des amendements. On se contente de regarder les graminées prendre de la hauteur, avec les floraisons spontanées, et on profite simplement de la fertilité naturelle du sol.
Plus le sol est pauvre, plus riche sera la flore!  On accepte ici ce que l’on considère ailleurs comme des « mauvaises herbes ».
Inutile d’apporter de l’engrais : les fleurs sauvages qui constituent la prairie sauvage se contentent d’un sol pauvre.

Avec le temps, la diversité sera de plus en plus grande, et l’on découvrira peut-être des semis spontanés de quelques vivaces échappées des massifs fleuris…

Semer une prairie fleurie demande une vraie préparation du terrain, pour un résultat très joli mais éphémère.
Tandis que laisser pousser un mélange de graminées sauvages et de plantes à fleurs indigènes donne un résultat durable et naturel.
On pourra éventuellement planter dans une prairie existante quelques vivaces horticoles d’aspect naturel si l’on souhaite agrémenter la prairie de quelques floraisons colorées…

prairie naturelle
prairie naturelle autour du noyer, et sentier tondu. Un exemple de tonte différenciée

Ne pas tondre toute la pelouse, qu’est-ce qu’on y gagne?

En réduisant les surfaces à tondre, on gagne du temps pour se détendre et on favorise la biodiversité!
Dès lors, pourquoi ne pas tondre seulement une partie de notre carré de verdure et laisser l’herbe pousser plus librement sur l’autre ?

On recrée ainsi des habitats naturels pour la petite faune, notamment les insectes qui servent eux-mêmes de repas aux oiseaux, chauves-souris et autres prédateurs.
Favoriser la présence des insectes auxiliaires du jardinier, permet qu’ils participent activement à la pollinisation des fruitiers et qu’ils nous aident à lutter naturellement contre les pucerons sur les rosiers ou au verger par exemple.
On évite ainsi d’avoir recours à des insecticides pour éliminer les ravageurs. Un équilibre s’installe.

Ces prairies naturelles constituent une bonne réponse à l’évolution climatique : oubliez ce gazon qui se transforme immanquablement en tapis jaune paille tout l’été si vous ne l’arrosez pas abondamment!

Par ailleurs, la prairie naturelle favorise l’infiltration de l’eau et diminue les risques d’érosion et d’hydromorphie (remontée d’eau sur le terrain).

Le long d’un mur ou de la clôture du poulailler, autour des arbres, sur une zone du jardin fort pentue, sur un talus ou dans toute zone difficile d’accès pour la tondeuse, la prairie sauvage vous facilitera la vie !

Moins de travail, moins de nuisances sonores, arrêt des produits phytosanitaires…, économies de temps, d’énergie et d’argent

Et en plus, c’est joli!
Personnellement, je suis peu sensible à un carré de pelouse aseptisé tandis que la diversité d’une prairie naturelle m’émerveille et m’apaise! C’est le contraste entre les deux qui est intéressant!

Chez Sophie, « Le jardin c’est Tout », le contraste entre la pelouse tondue d’une clairière et les vagues des herbes hautes est du plus bel effet!

Alors portons un regard nouveau sur nos jardins! N’ayons pas mauvaise conscience de laisser vivre de jolies indigènes!
La Nature fait bien les choses pour le bien être des auxiliaires et la tranquillité du jardinier.
Les jardiniers paresseux y trouveront leur compte avec une « excuse » toute trouvée pour se balancer tranquillement dans le hamac…

Peut-être faut-il faire preuve d’audace pour faire ce choix, mais c’est une belle façon de contribuer à une prise de conscience de notre impact sur l’environnement, auprès de ses voisins et de son entourage…

prairie naturelle et tonte différenciée dans un verger

Des sentiers tondus parmi les herbes folles

Des sentiers tondus contrastent avec les herbes hautes et apportent une structure, contrecarrant l’idée d’un jardin « non-entretenu » que la prairie peut encore évoquer à certains jardiniers trop méticuleux!
Quand le tracé de ces chemins reste bien net, l’aspect soigné persiste malgré tout.

En lignes droites ou sinueuses, ces chemins créent un itinéraire de promenade ludique et empreint de poésie.

Chaque année, on peut exercer sa créativité en changeant la circulation. La structure du jardin n’est jamais figée.

Dans le Grand Jardin du Théâtre des Minuits, une large allée centrale rectiligne divise la prairie en deux. D’autres petits sentiers sinueux créent un labyrinthe particulièrement ludique et un étang se cache au beau milieu.

La prairie naturelle et son allée centrale, un exemple de tonte différenciée dans le jardin du Théâtre des Minuits (à La Neuville sur Essonne)

Les sentiers peuvent relier entre elles différentes parties du jardin.
Dans le petit jardin de Christophe, des allées étroites et bucoliques relient un verger, un jardin d’ornement et potager et puis au fond, une clairière bordée d’arbres. Des rosiers botaniques sont plantés un peu partout. Une famille de hérissons s’est installée dans le jardin…

jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)
jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)

A Berchigranges, de grands talus sont laissés libres, tandis que des sentiers de promenade parfaitement tondus parcourent la prairie naturelle…

Jardin de Berchigranges, le jardin bohémien, jardin naturel, avec les hauts épis roses de Epilobium hirsutum

Chez Bénédicte, au Jardin des Mille Temps, le sentier longe le petit bois et mène aux ruches, bien cachées!

Jardin des Mille Temps (crédit photo B. Piedoux)

Chez Juliette, une allée tondue mène à la balançoire… Le printemps venu, elle laisse libre cours à sa créativité, les allées peuvent changer chaque année, les courbes sont en perpétuel mouvement.

Le Jardin naturel de Juliette
une allée tondue, mais pas trop souvent… dans le Jardin de Juliette (clic)

Prodigieuse microfaune…

Non seulement elles sont belles ces sauvageonnes, mais en plus certaines sont des plantes hôtes pour de nombreux insectes et papillons, comme la carotte sauvage pour la très belle chenille du Machaon.
L’ortie est la plante hôte pour le papillon Paon-du-jour. Les coccinelles les apprécient l’une comme l’autre.
Les floraisons sont étalées de mars à septembre et de nombreuses fleurs indigènes mellifères attirent les pollinisateurs.
Celles montées en graines nourriront les oiseaux en hiver…

Au détour d’une allée serpentant dans les hautes herbes, on croise à tous les coups des coccinelles et plein d’insectes butineurs, des papillons, des araignées, une mante religieuse, des sauterelles, un vol de libellules ou une grenouille…
Une telle prairie fera le bonheur des entomologistes amateurs et des aventuriers en herbe!

Les coccinelles, les syrphes, les chrysopes et autres insectes auxiliaires du jardinier pondent leurs œufs sur les plante infestées de pucerons (rosiers, fruitiers…) que les gentilles larves dévoreront promptement, nous débarrassant naturellement des insectes ravageurs.

Laissez un tas de branchages ou de feuilles pour que des hérissons y trouvent refuge, installez des abris à forficules dans des pots en terre cuite remplis de paille…

La biodiversité peut encore être améliorée par la proximité d’un point d’eau, d’arbres, d’une haie…

chenille orange et noire, la chenille du papillon Tyria jacobaea, encore appelé "Goutte de sang", ou "Carmin" ou écaille du seneçon, écaille jacobée.
chenille orange et noire, la chenille du papillon Tyria jacobaea, encore appelé « Goutte de sang », ou « Carmin » ou écaille du seneçon, écaille jacobée.
jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)
Dans son jardin naturel, Christophe a installé des abris pour les insectes auxiliaires avec des pots remplis de paille (crédit photo Christophe Pugliese)

Surprises!

Pourquoi ne pas installer un élément décoratif dans la prairie?
Un petit bassin, un banc pour rêvasser au détour d’un sentier, ou une sculpture émergeant au milieu des centaurées et des grandes marguerites?…
Ou installer des ruches?

prairie naturelle et tonte différenciée au Jardin du Sous-bois à Wépion
vaste prairie naturelle dans le Jardin du Sous-bois à Wépion. Une sculpture orne le milieu du sentier tondu

Dans son jardin, Sophie a osé la couleur!

Dans le jardin de Sophie « Le jardin c’est tout »

Chez Christophe, un banc légèrement dissimulé attend le visiteur pour un moment de tranquillité…

jardin naturel et tonte différenciée
(crédit photo Christophe Pugliese)

A Berchigrange, un large banc permet de s’assoir pour admirer le paysage…

Jardin de Berchigranges, le jardin bohémien, jardin naturel

Petit jardin naturel

Il n’est pas indispensable de disposer d’une vaste prairie pour préserver une zone naturelle au jardin : selon notre mode de vie, même un petit jardin peut permettre une tonte différenciée ou, à tout le moins, la création de coins un peu plus « sauvages ».

Dans un petit espace, donnez une forme géométrique à votre zone de prairie, pour éviter l’effet fouillis.

jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)
rosier et iris de Sibérie en bordure de prairie naturelle, un exemple de tonte différenciée dans un petit jardin (crédit photo Christophe Pugliese)

C’est mon avis…

Il y a des endroits où il est nécessaire de tondre, pour des raisons esthétiques ou pratiques (mise en valeur d’un parterre fleuri, espace de jeux, accessibilité, circulation…), mais est-il vraiment utile de tondre tout le terrain chaque semaine, alors que l’on n’utilise réellement qu’une petite partie? Quelle perte de temps et d’énergie pour « faire propre »!

D’autant plus que, plus la pelouse est taillée court, plus elle est vulnérable aux sécheresses et canicules estivales que nous subissons ces dernières années. Je pense que cela doit nous amener à redéfinir nos priorités. Chacun de nous a son rôle à jouer…

Dans mon petit jardin déjà densément planté, il n’y a plus de place pour une vraie prairie sauvage, mais ma pelouse n’est qu’une « vulgaire prairie tondue » ou je laisse pousser le trèfle, la mousse, les pâquerettes, les primevères et quelques pissenlits (pas trop!).
Dans mes massifs, je sème des annuelles d’allure sauvage, orlaya, campanules, cardamine, camomille….

Je laisse sans aucun complexe certaines sauvageonnes s’installer là où le vent les porte.

Un peu de maîtrise des semis spontanés ou des envahissants ici ou là.
Beaucoup de laisser-faire… Tout est question d’équilibre et de sagesse.

prairie naturelle et sentier tondu, un exemple de tonte différenciée
prairie naturelle
cirsium vulgare dans une prairie naturelle

Entretien d’une prairie naturelle: il faut faucher…

Ne plus tondre la pelouse ne signifie pas pour autant ne plus l’entretenir.

Une tonte occasionnelle sera nécessaire pour les chemins, durant la belle saison.
Ne tondez pas trop court, ou pas trop souvent, car la pelouse sera alors plus vulnérable en période de sécheresse. L’été, on recommande une hauteur de coupe de 6 à 10 cm. Quand vous tondez une pelouse ou que vous fauchez les herbes hautes, commencez par le milieu en allant vers la périphérie de façon à ce que les petits animaux puissent s’enfuir sur les côtés

Il faudra peut-être contrôler des végétaux pionniers, des ronces, des frênes, des érables prompts à transformer la prairie en petit bois.

Des moutons ou des chèvres peuvent être brièvement mis en pâture en fin d’été. Sinon, il faudra faucher.
Une fois par an, Sophie loue une débroussailleuse avec laquelle elle fauche environ 5 ares en une demi-journée. Juliette, elle, a plaisir à le faire à l’ancienne dans son petit jardin, avec une faux traditionnelle, pour l’amour du geste. Gilles fait pareil, avec sa faux autrichienne pour gaucher dans le Jardin des Mille Temps. Cette faux spéciale le préserve bien des maux de dos.
Au Théâtre des Minuits, les 3000 m² sont fauchés en moins de 3 heures à la débroussailleuse autoportée, louée pour l’occasion.
On peut aussi le faire à la motofaucheuse.
Sophie m’a dit que certaines années, comme en 2020, à cause de la sécheresse, la pousse est faible et cela peut simplement se faire à la tondeuse.

prairie fauchée à la faux autrichienne par Gilles, au Jardin des Mille Temps. Le foin sert ensuite à pailler dans le verger ou le bois… (crédit photo B Piedoux, blog Le Jardin des Mille temps)

Fauchez au moins à 10 cm au-dessus du sol.
Laissez sécher le foin sur place quelques jours le temps qu’il perde ses graines. Ensuite, ramassez-le et expédiez-le ailleurs pour appauvrir le sol. En effet, si il se décompose sur place, il nourrira le sol. Or, plus un sol est pauvre, plus la diversité végétale sera riche!
Bien sec, le foin peut servir à nourrir des herbivores.
Sinon, on peut l’utiliser pour pailler une zone un peu sauvage du jardin (verger, petit bois), préparer une lasagne de plantation ou l’ajouter au compost. Rien ne se perd!

Un seul fauchage par an suffira mais on peut aussi choisir plusieurs dates de fauche sur une même parcelle, pour une gestion différenciée. En effet, la période de fauche influe fortement sur les espèces de fleurs et la période maximale de floraison.

Dates de fauche

Il est recommandé de faucher si possible après le 15 août sur les milieux humides ou frais, et fin octobre pour les milieux plus secs, autrement dit après que les vivaces aient eu le temps de produire des graines.
Une fauche tardive (à partir de la fin septembre) permet à la plupart des insectes de boucler leur cycle de reproduction.
Mais on peut aussi faucher plus tôt, par exemple dans un verger, pour faciliter la récolte!

  • Faucher en juin favorise des floraisons printanières : Cardamine des prés, Brunelle…
  • Faucher début juillet, pour avoir une belle prairie verte en août, et favoriser une seconde floraison de fin d’été (séneçon…).
  • Faucher fin septembre favorise la centaurée scabieuse, le millepertuis perforé, la grande marguerite ou le lotier corniculé.

Quelques zones-refuges non fauchées durant un an, voire deux, peuvent être conservées sur environ 10% de ces prairies, lors de chaque fauche, pour protéger les insectes dont les chrysalides doivent passer l’hiver sur une plante debout, et pour les larves qui passent l’hiver à l’intérieur d’une tige creuse. Le spectacle des herbes sèches couvertes de givre est magnifique!
Au théâtre des Minuits, ils laissent chaque année un quart de la surface non fauché (chaque année un quart différent).
Juliette fait pareil dans son petit jardin, pour préserver la mircrofaune.

Après le fauchage, au Jardin des Mille Temps, Bénédicte se contente de passer un coup de tondeuse pour finir de ramasser les herbes et égaliser la coupe. Les graminées repoussent très peu.
Ils font pareil au Grand Jardin du Théâtre des Minuits.
En revanche, Sophie (blog Le Jardin c’est tout) tond la zone très ras régulièrement, jusque début décembre, de façon à ramasser aussi les feuilles mortes en automne, pour appauvrir le sol au maximum.

prairie naturelle et tonte différenciée au Jardin du Sous-bois à Wépion

 

prairie naturelle

Mise en valeur du gazon impeccablement tondu, en contraste avec les herbes folles qui l’encadrent

un bel exemple de tonte différenciée au jardin du Sous Bois à Wépion.
Jardin du Sous-bois à Wépion (Belgique)

L’aspect de la prairie évolue au fil des saisons. Au Jardin des Mille Temps, les violettes, les pâquerettes et les coucous fleurissent dans l’herbe encore rase au début du printemps, précédant les orchidées, les raiponces, les scabieuses et les achillées millefeuilles en début d’été et ainsi de suite…

Si il pleut beaucoup, l’herbe se couche. c’est moins joli, mais ce sont les aléas de la météo.

En avril, coucous en fleurs dans le Jardin des Mille Temps (crédit photo B. Piedoux)
jardin naturel et tonte différenciée
jardin naturel et tonte différenciée dans le jardin de Christophe (crédit photo Christophe Pugliese)
jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)
jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)

Quelles fleurs et graminées trouve-t-on dans la prairie naturelle?

Cela varie selon la zone biogéographique, l’ensoleillement et la nature du sol mais par chez nous, on trouvera par exemple (source Wikipédia)

Fétuque rouge (Festuca rubra),
Agrostis commun (Agrostis capillaris),
Pâturin des prés (Poa pratensis)

Achillées : Achillea millefolium (15 à 50 cm) ou Achillea ptarmica 30 à 60 cm
Aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria) 30 à 120 cm
Angélique sauvage (Angelica sylvestris) 75 à 200 cm
Bétoine officinale (Stachys officinalis) 30 à 80 cm
Bleuet des champs (Centaurea cyanus) 20 à 80 cm
Bouillon blanc (Verbascum thapsus) 50 à 200 cm
Brunelle (Prunella vulgaris) 5 à 25 cm
Cardère sauvage ou Cabaret des oiseaux (Dipsacus fullonum) 70 à 180 cm
Caille-lait blanc ou jaune : Galium mollugo (30 à 60 cm) ou Galium verum (10 à 50 cm)
Carotte sauvage (Daucus carota) 20 à 80 cm
Centaurée des prés (Centaurea thuillieri 20 à 100 cm) ou Centaurée scabieuse (Centaurea scabiosa 30 à 100 cm)
Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris) 40 à 120 cm
Chrysanthème des moissons (Chrysanthemum segetum) 30 à 60 cm
Clinopode (Clinopodium vulgare) 20 à 40 cm
Compagnon blanc (Silene latifolia alba) 30 à 90 cm
Coquelicot (Papaver rhoeas) 30 à 60 cm
Digitale pourpre (Digitalis purpurea) 30 à 150 cm
Eupatoire à feuille de chanvre (Eupatorium cannabinum) 80 à 150 cm
Gaude (Reseda luteola) 50 à 100 cm
Géranium des Pyrénées (Geranium pyrenaicum 20 à 60 cm) ou Géranium des prés (Geranium pratense 20 à 80 cm)
Germandrée commune (Teucrium scorodonia) 30 à 60 cm
Iris jaune (Iris pseudacorus) 40 à 150 cm
Knautie des champs (Knautia arvensis) 20 à 80 cm
Léontodon changeant (Leontodon hispidus) 15 à 40 cm
Lychnis fleur de coucou (Silene flos-cuculi, syn. Lychnis flos-cuculi) 25 à 80 cm
Linaire (Linaria vulgaris) 30 à 90 cm
Marguerite des prés (Leucanthemum vulgare) 30 à 60 cm
Mauve musquée (Malva moschata) 30 à 70 cm
Millepertuis à feuille perforée (Hypericum perforatum) 25 à 50 cm
Molène noire (Verbascum nigrum) 60 à 150 cm
Onagre bisannuel (Oenothera biennis) 60 à 150 cm
Origan (Origanum vulgare) 20 à 40 cm
Petite pimprenelle (Sanguisorba minor) 15 à 60 cm
Plantain lancéolé (Plantago lanceolata) 10 à 45 cm
Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata) 15 à 45 cm
Réséda jaune, Gaude ou Réséda jaunâtre (Reseda luteola) ou (Reseda lutea) 20 à 60 cm
Renoncule âcre (Ranunculus acris) 30 à 80 cm
Salsifis des prés (Tragopogon pratensis) 30 à 70 cm
Salicaire (Lythrum salicaria) 60 à 150 cm
Saponaire officinale (Saponaria officinalis) 40 à 70 cm
Saxifrage granulé (Saxifraga granulata) 10 à 40 cm
Silène enflé (Silene vulgaris) 30 à 60 cm
Succise des prés (Succisa pratensis) 30 à 80 cm
Tanaisie (Tanacetum vulgare) 60 à 120 cm
Valériane officinale (Valeriana repens) ou Valeriana officinalis 30 à 150 cm
Vipérine (Echium vulgare L. ) 30 à 50 cm
Véronique à feuille de chêne (Veronica chamaedrys) 10 à 30 cm

jardin naturel et tonte différenciée
jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)
jardin naturel et tonte différenciée
jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)

Ajouter des fleurs, arbustes, rosiers, vivaces…

On peut aussi incruster dans une prairie existante quelques semis d’annuelles, des rosiers, des bulbes, des vivaces horticoles, pour amener encore plus de couleurs et de diversité, tout en restant dans un effet très naturel.
Dans ce cas, aux endroits choisis pour la plantation, enlevez l’herbe sur une surface au moins 2 x plus large que la taille de la plante à installer pour qu’elle ne subisse pas la concurrence racinaire des graminées les premières semaines. Installez votre vivace, tassez puis arrosez.
En fin de saison, laissez les plantes monter à graines pour qu’elles se ressèment spontanément pour l’année suivante.
Fauchez en automne.

Si vous avez plutôt envie de semer des annuelles dans la prairie existante, enlevez l’herbe et ameublissez bien la terre dans la zone où vous allez semer à la volée. Référez-vous aux indications notées sur le sachet de graines pour savoir à quelle période procéder au semis.
Choisissez par exemple des pavots, bleuets, cosmos, orlaya, nigelles, ancolies…

Certaines plantes s’adaptent très bien à la concurrence des graminées. Vous pourriez par exemple ajouter :

  • Géranium pratense blancs ou bleus, fleurissent généreusement en juin-juillet (se ressème spontanément parmi les herbes d’une prairie)
  • Stachys officinalis, à fleurs roses ou blanches en début d’été (il aime les terres lourdes et fraîches, les prairies ensoleillées).
  • Leucanthemum vulgare : les grandes marguerites (blanc en mai-juin).
  • Achillees millefeuilles (plusieurs couleurs possibles, floraison en juin-sept, sol sec)
  • La salicaire, avec de longs épis rose vif durant tout l’été (en sol plutôt frais).
  • Hieracium aurantiacum (épervière) à pompons oranges de juin à aout (sol pauvres, en situation ensoleillée et sèche).
  • La pivoine herbacée, ou une variété horticole, reste souvent opulente dans les jardins abandonnés. (plusieurs couleurs possibles, fleurs en mai-juin)
  • Tanacetum vulgare (tanaisie) juillet-octobre, sol humide
  • galega officinalis, très longue floraison en épis blancs, bleus ou roses…
  • Silene latifolia (compagnon blanc)  fleurs de mai-juin à août, pour sol bien drainé
  • Molène ou bouillon-blanc
  • Thalictrum luteum
  • Persicaria bistorta
  • Iris de Sibérie
  • Sauge des prés (Salvia pratensis)
  • Scabiosa colombaria, annuelle ou bisannuelle de 80 cm
  • Sanguisorba officinalis  (sol calcaire, humide)
  • Primula vulgaris (pour l’ombre légère, les sous-bois, H 15 cm)
  • Physostegia virginiana (fleurs en septembre, sol humide),
  • Knautia arvensis (fleurs en juillet-août, en sol sec, calcaire, H 30 à 70 cm
  • Epilobium hirsutum (pour sol frais à humide, fleurs en juillet-août, H 120 cm, racines envahissantes)
Dans le Jardin des Mille Temps (crédit photo B. Piedoux)
jardin naturel et tonte différenciée
rosier et allium nectaroscordum dan le jardin naturel  (crédit photo Christophe Pugliese)
cirsium vulgare dans une prairie naturelle
jardin naturel et tonte différenciée (crédit photo Christophe Pugliese)
iris en bordure de la prairie, dans le jardin naturel de Christophe (crédit photo Christophe Pugliese)

Légères, mesurées, les floraisons rouges en points de suspension…

Chez Sophie, du blog Le Jardin c’est tout, la prairie est pointillée de fleurs rouge vif
Le jardin de Berchigrange, prairie naturelle et zone tondue
Jardin de Berchigranges, le jardin bohémien, jardin naturel agrémenté de vivaces d’allure naturelle
Jardin de Berchigranges, le jardin bohémien, jardin naturel

Si je pouvais agrandir mon jardin, je laisserais certainement une large zone de prairie sauvage parce que au-delà du côté écologique, et pratique, je trouve ça plus émouvant et poétique qu’un jardin taillé au cordeau.

Et vous, qu’en pensez-vous? Seriez-vous partant pour tenter l’aventure?
Ou bien avez-vous déjà une zone de prairie naturelle dans votre jardin?
Quelle est votre expérience? Comment fauchez-vous et à quelle période?
Racontez-nous!…

18 commentaires sur “Jardin Naturel et tonte différenciée

  1. Bonjour Malorie,
    Très intéressant ton article!
    Je partage un peu de mon expérience. Quand on a fait construire il y a 16 ans, on n’y connaissait rien en jardinage. On voulait juste avoir une pelouse bien verte et tondue. Pendant un an, on s’est acharné à semer du gazon et arroser celui-ci mais il n’a jamais poussé. Lasse de voir un terrain si laid, j’ai commencé à planter quelques arbres et en creusant, je trouvais de la terre sableuse, des cailloux et des grosses pierres. J’ai compris au fur et à mesure que le « problème » du gazon venait en fait de la nature du sol et qu’il aurait fallu apporter de la nouvelle terre pour faire pousser une pelouse bien verte. Mais entre-temps, le jardinage avait fait sur moi son petit effet et un terrain plat tout vert ne me disait plus rien. J’avais envie d’un jardin qui allait évoluer au fil du temps avec des arbres et des fleurs. Alors oui, j’en ai acheté des sacs de terreau et de terre végétale, j’ai planté, déplanté, passé du temps dans les jardineries mais tout s’est fait progressivement, j’ai appris de mes erreurs et c’est un bonheur maintenant de voir ce petit jardin sans pelouse mais créé de mes petites mains avec des oiseaux, des insectes et des hérissons qui ont l’air de s’y plaire. Belle journée!

  2. Si on se veut proche de la nature, c’est sûr, il ne faut pas tondre, mais tout dépend du genre de jardin.
    J’aime les beaux gazons bien tondus et bien verts que je peux voir en visitant des jardins. Ma pelouse n’a jamais été belle !
    Et maintenant, avec les canicules que nous connaissons, l’herbe est rousse et très moche en été. Je commence donc à détester ma pelouse. J’en arrache d’ailleurs des morceaux pour ajouter des massifs à mon jardin. Je tente d’oublier cette étendue d’herbe rousse en été et remplie de mousse en hiver !
    Bonne semaine.

  3. Bravo pour ce merveilleux article sur les jardins un peu sauvage ou la biodiversité a sa place… toutes ces plantes sauvages reviennent au grand galop quand on laisse faire la nature , yapluka gérer celles qui sont trop envahissantes par exemple la saponaire, la tanaisie, la bardane est aussi une jolie plante et aussi les silènes si jolies… Moi quand je tonds, je pense à tous ces insectes broyés….

  4. Encore un bel article bien complet et didactique. Les champions de la pelouse sont les greens anglais, un travail fou et continuel ! Dans mon petit jardin, je commence à remplacer des zones de pelouse par du trèfle blanc ou incarnat, cela forme de jolies touches laissées tel quel. Je n’ai aucun plaisir à entretenir la pelouse, deux tontes par an seulement, et comme je ne compte pas jouer au golf dessus…

  5. C’est tout à fait l’idée que j’avais de mon futur jardin ! Comme j’aurais un grand terrain (1hectare), pas question de tout tondre ! Au delà du potager et du jardin d’agrément, le reste du terrain sera laissé pour le verger et la prairie fleurie pour attirer les auxiliaires et laisser des refuges à la faune. Je pratiquerai la tonte différenciée en laissant juste un chemin tondu pour accéder aux différentes parties du jardin. Merci pour la belle liste de toutes les fleurs que l’on peut trouver en prairie fleurie, cela m’aidera à améliorer ma prairie naturaliste !

  6. C’est clairement ce que je ferai si un jour j’ai un terrain digne de ce nom ! Aujourd’hui, j’ai très peu de pelouse au jardin (et ce sont plus des pissenlits tondus que de la pelouse à proprement parler), juste dans les sentiers entre les massifs et sous la balançoire de mes filles… La prairie naturelle n’est donc qu’un rêve lointain, mais après tout, rêver ne fait de mal à personne 😉

  7. Pour une grande admiratrice des jardins anglais avec leurs superbes mixed Borders, tu comprends bien que ce n’est pas trop mon truc!
    Sur tes premières photos ,ok, c’est un grand domaine, c’est différent.
    Chez moi, une pelouse même moche me parait indispensable vu que l’on voit tout le petit jardin d’un coup!
    Regarde chez Renée, pourtant très grand, la tonte des parties vertes met en valeur ses graminées.
    J’ai vu mon grand père faucher, car les tondeuses n’existaient pas ou il n’en avait pas à la campagne, hè bien ce n’est pas si facile que ça…..
    Mais je le ferais si j’avais un verger, ou une partie boisée d’un grand domaine.

  8. Merci pour ton article très intéressant qui me donne des idées pour aménager mon terrain que je viens d’acheter… mais qui est rempli d’orties. Je suppose qu’il faut que je m’en débarrasse (comment?) avant de laisser pousser une prairie.

  9. Bonjour,
    Je laisse déjà une grande partie de mon jardin « au naturel » mais jusqu’à présent je tondais sous les arbres fruitiers du verger.
    Mon voisin me dit qu’il faut tondre à cause des insectes mais je me demande si c’est une bonne idée, la terre y semblant plus sèche que celle sur laquelle l’herbe pousse haut.
    Est ce un problème d’avoir des herbes hautes sous les fruitiers ?

    Cordialement,

    1. Bonjour,
      Non, pas du tout! Les insectes attirés sont des pollinisateurs pour vos fruitiers justement! Et comme ils pondent leurs oeufs sur les arbres fruitiers, vous avez des larves prédatrices de pucerons et cochenilles (larves de coccinelles, syrphe et autres) qui vous débarrassent naturellement de ces parasites! Il est souvent conseillé de semer/planter des fleurs mellifères au pied des fruitiers d’ailleurs.
      Le seul inconvénient pourrait être la difficulté à récolter les fruits et à ramasser ceux qui tombent sur le sol. Mais il suffit d’adapter la période de fauche en fonction du type de fruitiers. Voire choisir 2 dates de fauches différentes, sur deux zones de la même parcelle.

  10. Bonjour Malorie,
    Comme promis, je poste mon petit commentaire!
    Merci pour cet article très intéressant, qui en plus de nous apprendre plein de choses, nous dé-culpabilise un peu! Mon gazon n’a en effet rien d’un gazon anglais, et c’est tant mieux car beaucoup trop exigeant… et je n’ai pas envie de devoir mettre des produits, de traquer le pissentlit au couteau! De plus, j’ai remarqué au fil des années que j’ai de plus en plus de trèfle et de pâquerettes, et ça c’est super pour les insectes! C’est fou le nombre de bourdons et d’abeilles qui occupent la pelouse au moment de la floraison! Et autre avantage avec les étés caniculaires de ces dernières années, mon tapis reste bien vert tout l’été, contrairement à mon voisin-le-maniaque-du-gazon qui taille tellement court et souvent qu’il se retrouve vite avec une paillasse jaune :-). bref, vive les pelouses un peu sauvages!

    1. Merci pour ce sympathique commentaire et le partage d’expérience! La comparaison avec le paillasson du voisin est d’importance! Il n’osera pas le dire mais il est sûrement jaloux! 😉

  11. Merci pour ce bel article!
    je suis une convaincue de ce doux mélange, par la force des choses car la parcelle est une ancienne prairie, avec des massifs et des chemins tondus (et quand même quelques étendues dégagées de prairie tondue). Il faut quand même trouver le bon moment pour faucher, car un vilain orage ou coup de vent et tout est à plat, et ça ne se redresse pas toujours! J’ai aussi semé de la prairie fleurie sous les fruitiers, c’est superbe. Je confirme aussi les bienfaits de la tonte haute : moins net, il y a un peu de tout, mais tellement plus vert (que le voisin aussi!)

  12. Super article vraiment intéressant, contente d en savoir beaucoup plus sur le sujet. Moi, je plante des vivaces dans la partie restée libre mais j aimerais aussi comme Joëlle semer de la prairie fleurie sous les fruitiers mais dans ce cas, il faut retourner la terre non ?
    Merci beaucoup pour toutes ces infos et ce travail de recherches et les belles photos qui font rêver.
    Au plaisir de te lire.

  13. Salut Malo, merci bcp pour ton article super complet – quel boulot!!!
    Nous aussi tondons de moins en moins et tendons de plus en plus vers des endroits laissés sauvages. Mais mon mari attend de voir, il est très sceptique en ce qui concerne les rumex…. Certains disent qu’ils finissent par diminuer en nombre, d’autres disent le contraire.
    Je te ferai un bilan dans qqs années 😉
    Et pour ton jardin, il me semble que ce n’est pas trop toi qui décides de l’état de ta pelouse, n’est-ce pas, Nala…..?
    Bises!!!

  14. Ca fait envie… mais tout est une question de taille du jardin! J’ai la chance d’avoir une plate-bande herbeuse de 10 m2 que je peux laisser pousser à son gré, mais pas question d’en faire une beau paysage! Et les voisins râlent… Je n’en ai cure, je ne déborde pas! Mais je suis convaincue par ces millieux naturels qui font la vie du jardin.
    Merci pour cet article si bien documenté – J’ai adoré Berchigranges et j’y retourne chaque fois que je peux!

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