Soins aux rosiers : Pour des rosiers en bonne santé et une plus belle floraison

Comment chouchouter les rosiers?
Voici les soins que j’apporte aux miens, saison par saison, et les conseils que j’applique dans mon jardin, en Belgique (région wallonne).

Lors du choix et de la plantation des rosiers

  • Lors de l’achat d’un nouveau rosier, soyez attentif à choisir un rosier rustique (résistant au froid) et sain (peu ou pas sensible aux maladies).
    Cela évitera d’avoir à les traiter et facilitera l’entretien au jardin…
    Pour cela, renseignez-vous auprès de connaisseurs…
  • Choisissez bien l’emplacement : au soleil (minimum 4 heures/jour) et en situation bien aérée. Écartez les rosiers grimpants des murs afin que l’air puisse circuler.
  • Idéalement, plantez les rosiers à racines nues, d’octobre à décembre (mais on peut aussi les planter jusque mars). Pralinez les racines en les faisant tremper dans un seau rempli de boue.
    Les rosiers en pot peuvent être plantés toute l’année.
  • Faites un trou d’au moins 1 fois et demi la taille du pot en largeur comme en profondeur, pour bien ameublir la terre qui entourera les racines.
  • Lors de la plantation, j’enterre le point de greffe à 5 cm.
  • Une terre enrichie en compost bien mûr ou en terreau de feuilles leur sera bénéfique.
  • 1 à 2 poignées de corne broyée au fond du trou de plantation stimulera l’installation des racines et favorisera une belle floraison. Mélangez avec un peu de terre de jardin, puis installez la plante et rebouchez le trou. Tassez et arrosez abondamment pour que la terre adhère bien aux racines en profondeur.

Comment arroser?

La première année, voire la deuxième aussi, arrosez les jeunes rosiers 1 x par semaine (ou 2 x en cas de sécheresse et canicule).
1 arrosoir de 10L/rosier, en une seule fois, vaut mieux qu’un peu d’eau tous les jours, pour inciter les racines à aller chercher l’eau en profondeur. Ainsi, mieux enracinés, ils supporteront mieux le gel en hiver et la sécheresse estivale.
Les rosiers bien installés ne devraient pas avoir besoin d’arrosage, sauf en cas de sécheresse et canicule prolongées.

Peaux de banane?

Il paraît qu’une peau de banane au pied des rosiers leur apporte magnésium, fer et azote qui leur sont bénéfiques!  On peut donc doper ses rosiers aux épluchures de banane, toute l’année! Et ça ne coûte rien!

épluchures de bananes au pied des rosiers

En automne: paillage et amendement

L’apport d’un amendement organique + une couverture du sol avec un paillage va favoriser le travail des vers de terre et de la microfaune, ce qui améliorera la structure du sol et offrira naturellement aux rosiers les nutriments nécessaires pour bien fleurir et être en bonne santé.
Une fertilisation est bénéfique (un apport d’azote, d’acide phosphorique, de potasse pour la croissance, de magnésie pour la résistance des rosiers).

  • On protège le pied des rosiers avec un paillage : des feuilles mortes (clic ici), du broyat de feuillus, des cosses de cacao, du paillis de chanvre, de lin, de miscanthus, ou avec la paille du clapier des lapins… En se décomposant, ces éléments vont naturellement enrichir le sol et apporter des éléments nutritifs aux rosiers.
    Évitez absolument tout paillage contenant des conifères comme les écorces de pin car ils acidifient le sol!
paillage de feuilles mortes
  • Déposez à la surface du sol un amendement organique pour améliorer la structure du sol (cela peut se faire entre novembre et février) : idéalement, une bonne couche de compost maison. Évitez toutefois de le mettre contre les branches des rosiers, un compost trop jeune pourrait les brûler.
    Si vous n’avez pas de compost… incorporez à la place du fumier en granulés ou du Lombricompost  ou du terreau de feuilles, ou encore 1kg de « Secret Vert » ou d’Or Brun « spécial rosiers humus » par pied.
    Ces apports de matières organiques vont être dégradés lentement par les organismes vivants.
    On trouve aussi dans le commerce des sacs d’engrais organiques complets constitués d’un mélange équilibré de fumier, fientes, corne, sang, poudre d’os, etc… Les jardiniers amateurs peuvent les utiliser sans craindre de se tromper… (à l’inverse de l’Or Brun qu’il faut employer avec conscience car si on dépasse les doses prescrites, il peut « brûler » les plantes et racines).
    Personnellement, je ne recommande pas le patentkali car cet engrais naturel d’origine minérale est une ressource non renouvelable donc à utiliser de manière réfléchie!

Du fumier de cheval?

  • On peut aussi épandre tous les 3 ans du fumier de cheval avant l’hiver afin qu’il libère ses éléments nutritifs au printemps! En effet, le fumier met du temps à libérer ses matières nutritives. Mettez-le simplement en surface, vous l’intégrerez au sol par griffage au printemps. Le fumier apporte de l’azote qui stimule la pousse. (attention le fumier trop frais est trop fort en azote = risque de surdosage).
    Pour la santé du feuillage, il faut équilibrer en apportant aussi de la potasse et de la magnésie. Pour cela, on peut utiliser de la cendre de bois (pas plus de 1 poignée/m² de culture/an, parce qu’elle a un impact sur le pH du sol) ou du patentkali (mais je vous ai dit plus haut ce que j’en pense…).
    Ainsi le feuillage sera plus épais ce qui limite les attaques de pucerons et autres insectes suceurs

Taille d’automne?

  • Je ne taille pas les rosiers en automne! Si le sécateur vous démange, contentez vous de supprimer le bois mort et, éventuellement d’effectuer une taille longue d’équilibrage. La vraie taille s’effectue en fin d’hiver/début du printemps…
  • Si un rosier a été malade, je ramasse toutes les feuilles du rosier qui sont tombées sur le sol et je les évacue au parc de recyclage avec les déchets de taille (bois mort…), au cas où ils véhiculeraient une maladie.
    Si des feuilles malades passent l’hiver sous le pied des rosiers, les champignons pathogènes pourraient se développer dès le prochain printemps!
    C’est aussi pour cette raison qu’il ne faut surtout pas les intégrer au compost!
déchets verts, feuilles malades, bois mort…

En hiver: cendre de bois et début de la taille

  • L’hiver, je donne une bonne poignée de cendres de bois à chaque rosier. Cet apport de potasse permet aux branches de durcir plus rapidement et ainsi, de mieux résister aux fortes gelées.
    Par ailleurs, avec cet apport de potasse, le feuillage sera plus « coriace » donc qui plaira moins aux pucerons et autres insectes suceurs.
    (il faut savoir qu’un excès d’Azote favorise la pousse mais le jeune feuillage sera tendre et les insectes suceurs s’y attaqueront plus facilement…)
    6 bonnes raisons de récupérer la cendre de bois pour le jardin (clic ici)
    Si vous n’avez pas de poêle à bois, 1 cuillère à café de Patenkali aura le même effet.
  • En janvier/février/mars, je taille tous les rosiers (hors gel) : supprimer le bois mort et éclaircir le centre de l’arbuste. (en janvier, je taille les rosiers lianes car ceux-là débourrent très tôt, ensuite seulement les grimpants puis en mars, je m’attaque aux arbustes et buissons).
    Pour les rosiers remontants seulement (ceux qui refleurissent au moins une seconde fois pendant la saison), j’effectue une taille appropriée selon qu’il s’agit d’un buisson ou d’un grimpant. (voir ici 10 trucs pour bien tailler les rosiers)
  • Si vous ne l’avez pas fait en automne, incorporez un amendement de fond pour améliorer la structure du sol : du compost maison, ou terreau de feuilles, ou du Lombricompost ou 1kg d’Or Brun « spécial rosiers humus » par pied (cela peut se faire entre novembre et février).
  • Comme je choisis dès le départ des rosiers rustiques (= résistants au froid), je n’utilise pas de voile d’hivernage et je ne butte pas les pieds avec une couche de terre supplémentaire. Seul le paillage joue son rôle d’isolant…

Au printemps et en été

  • Je nourris les rosiers avec un amendement organique (engrais organique « Spécial rosiers » ou Or Brun « Spécial rosiers » ou fumier en granulés ou Lombricompost ou sang desséché…).
    – Pour les rosiers non remontants (càd qui ne fleurissent qu’une fois): une seule application, en mars/avril ou début mai. (respecter les dosages indiqués sur l’emballage)

    – Pour les rosiers remontants (càd qui refleurissent au cours de l’été): une application en mars/avril ou même début mai si j’oublie avant… 😉
    Et parfois une seconde application en juin quand j’y pense… pour soutenir la floraison.
    Certains préconisent jusqu’à 3 apports d’amendement organique : le deuxième fin mai/début juin et le troisième fin juin/début juillet, surtout pour les rosiers anglais, réputés pour leur gourmandise!
  • En été, sur les rosiers remontants, je coupe les fleurs fanées pour encourager la formation de nouveaux boutons floraux. (je laisse fructifier les rosiers non-remontants qui offrent de beaux cynorrhodons).

En cas de gelées tardives

Il arrive que les nouvelles pousses grillent et se dessèchent si il y a des gelées sévères en mars /avril.
Il suffit de couper juste en-dessous de la partie gelée. Cela n’aura d’autre incidence que de retarder la floraison de quelques semaines.
Bien souvent, même si on ne taille pas ces extrémités abîmées par le froid, le rosier s’en remet tout seul et produit de nouvelles pousses sous la partie gelée.

Comment débarrasser ses rosiers des insectes nuisibles?

Premièrement, qu’on se le dise, les pucerons, ce n’est pas grave du tout!!!
Ces petites bêtes sont si fragiles, qu’un simple jet d’eau suffit souvent à les déloger.
Bannissez tous les produits chimiques, insecticides et autres, même bio. Cela favorisera le retour des coccinelles, des chrysopes, perce-oreilles, syrphes et autres auxiliaires du jardinier!
Des insectes « amis » pour manger les insectes nuisibles et préserver la biodiversité!

Quelques fourmis ne posent aucun problème. Au contraire, elles sont utiles pour « nettoyer » les feuilles du miellat excrété par les pucerons. Ainsi, elles évitent la formation de fumagine!
Il ne faut donc intervenir qu’en cas de grosse infestation de fourmis et/ou si une fourmilière se forme au pied même du rosier car les fourmis élèvent les pucerons pour se nourrir du miellat (clic ici pour plus d’informations).

Et le savon noir me direz-vous?! Si, si, je le sais, vous alliez le dire! Tout le monde le dit alors…
Eh bien dites vous bien qu’il n’est pas sélectif et par conséquent il tue tous les insectes, les nuisibles comme les bons petits auxiliaires qui voulaient tant vous aider!  Après, vous pouvez toujours recommencer les traitements régulièrement, jamais l’équilibre ne pourra s’installer durablement si on ne laisse pas faire Dame Nature!

Vérifiez la composition de votre engrais: un excès d’Azote favorise la pousse du feuillage mais le jeune feuillage sera si tendre que les insectes suceurs s’y attaqueront plus facilement… (n’abusez pas par exemple du purin d’orties, de la corne broyée ou du sang séché, excellents mais très azotés).
Pour avoir un feuillage en bonne santé et plus « coriace », qui plaira donc moins aux pucerons et autres, il faut équilibrer en apportant aussi de la potasse et de la magnésie. Utilisez par exemple vos épluchures de banane et de la cendre de bois (sans excès!) ou du patentkali si vous n’avez pas de poêle à bois (sans dépasser les dosages indiqués sur l’emballage).

Intercalez des plantes compagnes entre les rosiers (vivaces et/ou arbustes à fleurs…). Les plantes à feuillage aromatique seraient efficaces contre la plupart des maladies et des parasites (lavande, sauge, népéta, géranium odorant, camomille, menthe, fenouil, rue officinale, achillée…). Installez des oeillets d’Inde pour lutter contre les nématodes qui attaquent les racines des rosiers..

rosier 'Graham Thomas' et une camomille comme plante compagne
rosier ‘Graham Thomas’ et une camomille comme plante compagne

Comment prévenir les maladies des rosiers ?

  • Lors de l’achat d’un nouveau rosier, choisissez un rosier naturellement sain. (voir par exemple les Label ADR mais pas que…).
  • Un bon paillage (pH neutre) et 1 arrosage par semaine (10 litres d’un coup) limiteront le risque de maladies. Privilégiez un arrosage au sol car mouiller le feuillage créerait un terrain favorable à la propagation de champignons.
    Le marsonia (taches noires) est favorisé par l’humidité. En revanche, l’oïdium (feutre blanc) est favorisé par un temps sec et chaud…
    Un excès d’arrosage est souvent l’origine de bien des maladies, d’où l’importance d’arroser de façon raisonnée..
  • Une bonne fertilisation est importante car une plante bien nourrie sera en meilleure santé!
  • Enlevez les feuilles malades sur les rosiers et éliminez les feuilles mortes et les déchets de taille sous les rosiers qui favorisent la propagation des maladies d’une année sur l’autre.
  • Un traitement préventif est toujours plus efficace qu’un traitement curatif.
    On peut pulvériser à la fin de l’hiver du purin d’ortie ou une décoction de prêle qui renforce la résistance naturelle des plantes. N’oubliez pas le revers des feuilles! Répétez l’opération après 3 semaines.
  • Un apport de potasse améliore la résistance aux maladies: je mets donc 1 poignée de cendre de bois à chaque rosier, en automne/hiver.

Voilà quelques pistes pour prendre soin de nos belles et favoriser leur prochaine floraison.
A vous de jouer!

15 commentaires sur “Soins aux rosiers : Pour des rosiers en bonne santé et une plus belle floraison

  1. Chez moi aussi de grosses poignées d’or brun , avec engrais spécial rosiers , et je recouvre ensuite la terre avec ALGO-FORESTIER (site internet facile à trouver) qui se décompose et enrichit la terre les saisons suivantes.
    Je taille ensuite les rosiers selon leur espèce ( court ou long..)
    tout ceci fin février, début mars ( plus de gelées à ce moment là en Bretagne sud)
    et rien en automne… juste enlever les fleurs qui ne font pas un gros fruit (si jolis en hiver)
    bonne journée

  2. Coucou Malo,
    Moi: or brun spécial rosier humus en décembre ou janvier: au moins 1kg par pied. Puis or brun spécial rosier engrais organique en mai, juin, juillet pour les remontants ( une poignée à chaque fois). J’en trouve à La graineterie de la Chise à Pietrebais près de chez moi ou chez Fil roses.Pour les non-remontant: une seule application d’engrais organique en mai. Ne pas oublier d’enlever du sol les feuilles de rosiers en novembre au cas où elle contiendrait des maladies indésirables et de les évacuer.

  3. Bonjour malorie,
    D’ici peu, je vais butter mes rosiers afin de les protéger du froid.
    Butte que je n’oterai pas avant mars.
    A cette période, lorsque les risques de gelées auront été écartés, je les bichonnerai en leur apportant de l’or brun.
    Puis je dépose une poignée d’engrais special rosiers fin avril, fin mai et fin juin pour booster la floraison..
    C’est ma façon de faire, il y en a certainement d’autres..

  4. Apparemment les fondues de roses ont adopté « Or brun ». Bon, je le note ! Je me contentais juste d’enterrer des peaux de banane au pied des rosiers, mais bon… pas d’effets spécialement sur la qualité de la floraison.

  5. Moi je mets Or Brun ou Secret vert (c’est la même chose) en novembre 1 kg par pied et je forme une butte pour enterrer le point de greffe. Puis engrais spécial rosier en mai, juin et juillet.

  6. Mais alors…..quand pulvérisez-vous avec la fameuse bouillie bordelaise ?? j’en ai acheté !!

    J’ai butté et recouvert de feuilles mortes broyées, quand les boutons cesseront de fleurir, je nettoierai les rosiers ( branches mortes, fragiles ou solitaires trop hautes ), après l’hivers les mêmes soins or brun que vous toutes.

  7. Bonjour Grany Schmith, si je ne me trompe pas Philippe de Fil roses recommande d’appliquer la bouillie bordelaise lorsque les premières feuilles des rosiers apparaissent càd en avril.
    Pour Cécile, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée le fumier en mai juin car il met du temps à libérer ses matières nutritives: il n’en libère pas assez en juin, juillet quand il faudrait vraiment et il en libère encore en septembre quand il ne faut plus. Tandis que les engrais organiques spécial rosiers libèrent beaucoup plus rapidement les nutriments.
    Pour Carzan, j’ai eu l’occasion d’acheter un sac de secret vert et j’ai été déçue car il sentait l’ammoniac. Maintenant, c’était peut-être un seul mauvais exemplaire dans le stock et je suis tombée dessus.
    Je ne bute pas mes rosiers car ils sont déjà enterrés (le point de greffe) 5 cm sous le sol. Par contre, j’ai un rosier sensible au froid et je lui mettrai de la paille sur 10 cms de hauteur.
    Voilà ma petite expérience de jardinière. Bon week-end !

    1. Merci Bénédicte pour ce conseil à propos de la bouillie .
      Au sujet du fumier , j’ai également lu à plusieurs reprises qu’il devait être épandu avant l’hiver pour la raison que tu invoques.
      J’ai également enterré le point de greffe , mais chez moi, il s’opère un tassement de la terre au fil des arrosages, ce qui m’oblige à butter.

  8. heu…quand j’y pense du crottin de cheval (il y a ce qu’il faut dans le pré) en général vers février mars. mais il y a des années où j’oublie et cela ne semble pas les déranger plus que ça!!

    1. Comme l’explique justement Béné ci-dessus, il est préférable d’épandre le fumier avant l’hiver car il met du temps à libérer ses matières nutritives… je n’ai pas ce qu’il faut dans le pré voisin mais j’irai en chercher au manège!

  9. Bonjour
    je découpe la peau de banane en petit morceau pcq je n ‘ ai pas toujours le temps de recouvrir de terre ( je fais cela avec les déchets de légumes et les déposes aux pieds des fleurs ) et mon mari va déposer les restes de café(marc) Il fait une tournante entre les rosiers
    résultats:feuillage bien brillant et pas de pucerons sur les fleurs et de superbes belles fleurs bien formées .

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