Oiseaux du jardin : l’étourneau sansonnet

Décidément, 2019 est une année à zoziaux au jardin! L’accenteur mouchet, le troglodyte mignon, la grive mauvis et aujourd’hui, l’étourneau sansonnet que je repère pour la première fois!
Serais-tu un étourneau étourdi? C’est malin d’avoir loupé notre rendez-vous le jour du comptage pour Natagora!? 
Ce matin, quand je l’ai aperçu de loin, j’ai tout de suite vu que ce n’était pas la silhouette d’un merle noir, mais je suis arrivée trop tard pour l’observer de plus près et l’identifier!
La seconde fois, j’ai bien vu son plumage noir brillant moucheté de blanc: Oh! Un étourneau! Mais je n’ai pas osé m’approcher de la fenêtre de peur de l’effrayer…
La troisième fois, sapristi, j’étais au téléphone à regarder dehors quand l’étourneau s’est posé là, sur la clôture en châtaignier, à 2 pas de moi! J’aurais bien raccroché au nez de mon interlocutrice pour saisir l’appareil photos mais ça ne sait fait pas hein! Si?!
Au moins, j’ai pu l’admirer de près: un bel oiseau quoi qu’on en dise!

étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), février 2019

Comment le reconnaître?

En hiver, son plumage est noir et brillant, moucheté de blanc tandis qu’en été, il arbore des plumes noires lustrées et simplement un léger mouchetage sur le dos.
La queue est assez courte et dépasse de peu les ailes, assez longues au posé, tout le contraire du merle. L’étourneau est un peu plus petit (21-22 cm) et son bec est long et fin. L’étourneau marche tandis que le merle noir sautille.
Au fur et à mesure de l’usure de ses plumes tout au long de l’hiver, les taches s’estompent progressivement pour laisser place à un plumage nuptial noirâtre aux reflets métalliques, bleus, verts et violets.
On voit bien que la période de reproduction approche car le bec et les pattes, qui sont sombres au moment de la mue, prennent déjà des couleurs! Voyez le long bec fin qui devient jaune!

étourneau sansonnet
étourneau sansonnet  (Sturnus vulgaris) qui tente maladroitement de s’agripper aux boules de graisses

Les deux sexes sont fort semblables. Le bec est jaune avec la base de couleur plutôt rosâtre chez la femelle et jaune avec la base gris bleuté chez le mâle.
Le mâle a des plumes plus longues sur la gorge. Chez la femelle, les plumes sont plus densément tachetées.

étourneau sansonnet mâle, avec des plumes plus longues sur la gorge

Le juvénile est très différent d’aspect au point qu’on pense souvent avoir affaire à une autre espèce. Son plumage est entièrement brun-gris assez clair, avec des liserés chamois sur l’aile. Le bec est noirâtre avec une commissure jaune.

Comportements que l’on peut observer dans son jardin

Les étourneaux se nourrissent principalement au sol. On le voit souvent marcher d’un pas rapide sur les pelouses en piquant au hasard la terre de son bec fin et puissant à la recherche de vers, insectes, chenilles, larves, araignées et petits mollusques. Son met de prédilection : les larves de tipules, omniprésentes dans les prairies.  L’étourneau contribue donc à débarrasser les jardins des insectes nuisibles.
Mais en fait, ils mangent tout ce qui leur tombe sous le bec : reliefs de repas, graines, fruits , baies et évidemment la nourriture proposées dans les mangeoires au jardin.
A la saison des fruits, ces gourmands sont considérés comme nuisibles car ils viennent en nombre se nourrir directement sur les arbres, dans le vignoble ou les vergers, de cerisiers tout particulièrement.
Les décharges sont aussi de providentielles réserves de nourriture à longueur d’année, ainsi que les exploitations agricoles où fumiers et ensilages sont très fréquentés.

étourneau sansonnet

C’est un migrateur partiel, très répandu dans nos régions, à la campagne comme à la ville.  Dès le mois de février, les premiers étourneaux sont de retour. Ils visitent alors volontiers les mangeoires à plateaux, surtout en cas de fortes chutes de neige.
Il a deux exigences: il a besoin à la fois de milieux ouverts pour trouver sa nourriture au sol (prairies, pelouses, vergers, zones agricoles, etc.) et de cavités pour nicher (trous dans les arbres, lampadaires, toitures, nichoirs adaptés…).

Grégaires, ils vivent et se déplacent quasiment toujours en bandes (sauf en période de nidification) qui peuvent être composées de quelques dizaines à plusieurs centaines d’oiseaux.  Après la reproduction, ils se regroupent la nuit pour dormir dans des dortoirs.

étourneau sansonnet : notez sa silhouette: une queue très courte (contrairement au merle), et un long bec fin

Ouvrez l’oeil! Leurs ballets aériens sont spectaculaires, en particuliers les évolutions avant d’aller rejoindre leurs dortoirs pour la nuit. Les colonies, qui peuvent comprendre plusieurs milliers d’oiseaux, forment à faible hauteur des nuages denses qui se déforment, louvoient, changent instantanément de direction, en arabesques fascinantes.  Ils bougent tous ensemble comme une seule unité. Cette grande précision leur permet d’éviter les prédateurs volants.
En présence d’un prédateur comme l’épervier, les étourneaux en vol resserrent les rangs pour « former la boule ».

Tendez l’oreille! L’étourneau sansonnet a un répertoire très vaste de chants et de cris. C’est un oiseau très bavard, toute l’année et, comme il vit en groupe, leur vacarme ne passe pas inaperçu.
Le soir, on entend leurs cris quand la colonie se rend aux points de rassemblement. Le tapage qu’ils font attire souvent des rapaces assez rapides pour en saisir un à la volée, comme par exemple l’épervier.
Il imite très bien certains sons notamment les cris et chants d’autres espèces d’oiseaux (passereaux, buses, faisan, chouette hulotte etc.) mais aussi de sons produits par l’homme (klaxons, carillons, sonneries variées, tondeuse à gazon…).

Les groupes d’étourneaux qui élisent domicile en milieu urbain peuvent être une vraie nuisance à cause de leurs fientes qui abîment les voitures en raison de l’acide urique qu’elles contiennent.

étourneau sansonnet

Nidification

L’étourneau sansonnet niche dans des cavités, dans des trous d’arbres, de murs, à environ 3 à 5 mètres de hauteur.
En forêt, il occupe les vieilles loges de pics.
Les nichoirs peuvent être occupés si le trou d’envol est assez large (nichoir à chevêche ou huppe).
On trouve souvent leur nid sous les sous toits des maisons ou à l’intérieur des lampadaires. L’étourneau niche souvent en colonies.

Le nid est grossièrement construit avec de la paille, de l’herbe, des brindilles. L’intérieur est tapissé d’éléments doux comme des fibres végétales et animales, de la mousse, des plumes, de la ficelle,…
L’étourneau le décore parfois avec les feuilles vertes ou les fleurs de plantes aux propriétés insecticides.

La femelle y dépose 4 à 6 œufs blanc à bleu pâle, fin mars/début avril, qu’elle couve pendant environ 2 semaines. Pendant ce temps, le mâle rejoint les dortoirs communautaires pour la nuit, par souci de protection contre les prédateurs.
Il rejoindra par la suite la femelle pour nourrir les poussins nidicoles.
Il est très présent durant la première couvée, mais pas pour les suivantes (2 à 3 couvées par saison).
Les petits prennent leur envol au bout de 3 semaines.

Les mâles sont parfois polygames et on a constaté qu’ils s’accouplaient parfois avec 5 femelles différentes.

étourneau sansonnet
étourneau sansonnet

8 commentaires sur “Oiseaux du jardin : l’étourneau sansonnet

  1. Malorie vous pouvez toujours inscrire votre étourneau sur natagora …le site reste ouvert avant et bien après la date…moi je dois encore inscrire beaucoup de zoiseaux….Bonne nuit

    1. Merci, c’est fait, j’ai ajouté mon étourneau à la liste d’observation. J’ai vu qu’on peut compléter et modifier sa liste jusqu’au 8 février.
      A bientôt!

  2. Cet hiver j’ai quelques étourneaux qui viennent se nourrir dans le jardin mais je ne cherche pas à les attirer car les années précédentes ils passaient en grandes bandes et je souhaite que les petits passereaux continuent à être tranquilles dans mon jardin. On avait déjà des pigeons ramiers juste à côté, quelques tourterelles essaient aussi de s’incruster, je ne les encourage pas non plus. Depuis quelques mois j’ai constaté le passage dans les grands arbres voisins de choucas des tours qui d’habitude se cantonnent aux platanes de la promenade au bord de la rivière, et de pies, de plus en plus présentes. Par contre, plus de chardonneret ni de verdier et pas de gros-becs. Cette année, il ya eu autour de chez moi beaucoup d’élagages et des arbres ont été supprimés. Cela a sans doute une influence. Nous , on a abattu les haies de lauriers -palme mais j’ai planté des arbustes variés et des lierres pour avoir quelque chose de plus varié et plus facile à entretenir. J’espère que les oiseaux y prendront leurs aises.
    Merci pour cet article qui m’a appris pas mal de choses. Bises

    1. Sans aucun doute la destruction de leurs habitats influence leur présence ou non au jardin… Les résultats des observations ne sont pas très encourageants, plusieurs espèces sont en déclin…
      Je pense que ta nouvelle haie variée aura du succès quand elle aura poussé un peu!
      Bises

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