Étonnant Phytolacca acinosa

Ce printemps, j’ai découvert plusieurs pieds de Phytolacca dans mon petit jardin près de la prairie, à Strasbourg. C’est une plante vigoureuse, avec une souche imposante et des tiges robustes. On la remarque d’abord pour son très large feuillage, puis pour ses grappes dressées de fleurs blanc rosé, en juin, et enfin pour ses grappes de petites baies charnues, noires, retombant au fur et à mesure que les fruits mûrissent.

Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) On repère son très large feuillage et le début de floraison, avril 2022)
  • Phytolacca acinosa peut s’avérer envahissante, se ressemant volontiers. Les jeunes pousses et les fruits de cette espèce sont comestibles. Le jus des fruits a été jadis utilisé comme colorant alimentaire, pour par exemple colorer le vin de basse qualité.
  • L’espèce Phytolacca américana – raisin d’Amérique – aussi appelée Teinturier, est invasive et toxique. Il convient d’éviter la prolifération des graines en intervenant avant la formation des fruits ! D’autant plus que la plante est réputée pour concurrencer et éliminer la flore environnante (sauf la ronce et la fougère). Les baies sont toxiques pour l’homme et la faune mais elles n’ont pas d’action toxique sur les oiseaux qui en sont friands. Il est déconseillé de la garder au jardin!

Autant ne pas les confondre! On les distingue car P. acinosa a 8 carpelles séparés tandis que P. americana en a 10, soudés, qui forment une baie noire à maturité.

Quelle qu’elle soit, les oiseaux contribuent largement à la dispersion des graines dans la nature sauvage via leurs déjections ce qui est très problématique quand il s’agit du raisin d’Amérique qui est devenu invasif sur une partie du territoire, dans les pâturages, jardins, friches, en lisière de forêt…

Voici la plante en avril, haute de 60 cm et un début de floraison assez jolie…

Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) (Début de floraison, avril 2022)

Nous les avions arrachées pour éviter les semis mais début juin, depuis la fenêtre de ma cuisine, j’ai remarqué qu’il en restait une qui s’était bien cachée entre un laurier et la clôture. Ses fleurs blanches dépassaient.
J’ai choisi de la conserver pour pouvoir la photographier à tous les stades de son développement. C’est vraiment une belle plante!

Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) (Début juin)

Dans ce jardin, il s’agit donc de Phytolacca acinosa, qui se distingue du raisin d’Amérique (Phytolacca americana) par les caractères suivants :

En fleurs : 8 étamines (au lieu de 10)
Fructification : 8 carpelles séparés (au lieu de 10 carpelles soudés formant une baie à maturité)

Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) 8 carpelles séparés (Début juin)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) (Début juin)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) (Début juin)

Elle mesure aujourd’hui environ 1,50m mais il paraît que la plante peut atteindre jusqu’à 2 m!

Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) (fin juin)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) (fin juin)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier) (fin juin)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (fin juin)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (fin juin)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (En juillet)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (En juillet)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (En juillet)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (En juillet)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (En juillet)
Phytolacca acinosa (Syn, Phytolacca esculenta ou Teinturier)  8 carpelles (En juillet)

On l’appelle aussi Teinturier car le fruit fournit une teinture violette très appréciée pour les tissages.

Les baies sont toxiques pour l’homme et la faune mais elles n’ont pas d’action toxique sur les oiseaux qui en sont friands.
Les oiseaux contribuent largement à la dispersion des graines dans la nature via leurs déjections.
Ainsi, même si on peut contrôler la plante dans son jardin en arrachant les semis en surnombre, il ne faut pas négliger l’impact sur la nature sauvage environnante!
Au moins, ne les laissons pas fructifier!

Je vais donc dès maintenant supprimer les grappes de fleurs, sauf une peut-être, juste pour photographier les baies d’ici quelques semaines 😉

11 commentaires sur “Étonnant Phytolacca acinosa

  1. J’en ai déjà eu dans mon jardin sûrement avec des pots de plantes : il n’a jamais été invasif et a disparu seul. Dommage car c’est une superbe plante.

  2. Je trouve cette plante magnifique. J’ai découvert celle-ci lors d’une visite de jardin .
    Après avoir reçu les recommandations, et sa « fiche » détaillée, j’ai vite rayé mon souhait de l’introduire dans mon jardin.
    Comme quoi, il ne faut pas s’arrêter que sur la beauté extérieure .
    Bonne journée à vous.

  3. Bonjour Malorie
    Merci pour ce message très utile. Comme toi, je trouve que c’est une belle plante mais il faut absolument l’éradiquer pour protéger notre biodiversité locale. Même chose pour l’Ailante, un arbre qualifié de fou par le Muséum. Tu peux le couper, le brûler, l’arroser de produits toxiques, il repousse toujours. Seul un champignon spécifique (Analfafae verticilium) en vient à bout sans causer de dégâts autour mais le produit Ailantex utilisable par les particuliers n’est pas encore commercialisé en France (uniquement en Autriche). Des tests avec l’INRAE et la SNCF sont en cours en vue d’une demande d’autorisation de mise sur le marché français. J’espère que cela ne va pas prendre des années car sur les berges de la Loire, elle se développe à vitesse grand V. Pour l’instant, le seule façon de limiter la propagation des foyers est de supprimer les ailantes en évacuant les déchets qui devront être détruits et surtout pas mis au compost et épuiser la plante en supprimant au fur et à mesure les repousses pendant plusieurs années. Une vraie galère !

  4. C’est une plante que j’aime bien, que j’ai depuis pas mal d’années et qui n’envahit pas le jardin. C’est vrai que, cette année, j’ai retiré quelques « bébés » des parterres.
    Il en pousse une à gauche et à droite. Je les limite et je les enlève quand les fruits mûrissent.
    Idem pour le datura.
    Bonne journée.

    1. Merci Malo pour cet article très intéressant. Je ne connaissais pas et si cette plante était venue s’installer au jardin, je l’aurais sans doute laissée, car elle est effectivement assez belle. Bonne journée à toi. Bises

  5. Bonjours Malorie,
    Merci pour ton intéressant article (comme tout ce que tu publies d’ailleurs !!). Je ne connaissais pas cette plante, dommage qu’elle ait les inconvénients que tu cites, elle est si belle. Sur tes conseils, je vais regarder de très près dans mon jardin si elle n’y est pas .

    Bonne journée à toi !

    Nadjla

  6. Bonjour,
    Cette plante ressemble suspicieusement à une plante qui a poussé au pied de mon vieux poirier et qui ne ressemble à rien de local. Par contre, il n’y a pas de fleur. Je pensais l’arracher car il y a plusieurs pieds et je vais m’en occuper dès que mon dos va mieux.
    Bonne journée !

  7. Merci infiniment pour cette info et mise en garde que j’ai partagées, que j’ai partagées. Oui dommage car une beauté explosive et je comprends votre curiosité à en voir l’évolution ! A suivre …. et je suivrai. Merci pour toutes vos publis, je n’écris pas chaque fois, mais je me régale des ballades dans votre beau paradis et de celles que vous faites dans d’autres jardins. Bel été à vous chère Malo.

  8. C’est une tanée pour enlever les souches.. elle a coûté des millions pour en débarrasser la forêt de Fontainebleau. Ici pays de vignes elle prolifère dans les jachères….

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