Travaux du mois de Mai au jardin

Le printemps bat son plein, les jardins changent à vue d’oeil et les floraisons se succèdent de manière spectaculaire.
Mais même si les journées sont douces, on peut encore craindre un dernier coup de froid qui viendrait geler les plantes les plus fragiles, les jeunes pousses tendres. Il faut encore se méfier et protéger les plus sensibles tant que les Saints de Glace ne sont pas passés.

Les Saints de Glace sont un repère pour les jardiniers. Chez nous, il est souvent recommandé d’attendre la mi-mai, voire même la fin du mois, pour repiquer les jeunes plants en pleine terre au potager ou pour fleurir ses jardinières,…

Dans les haies, il est fort probable que des oiseaux aient déjà installé leurs nids, on entend même parfois pépier les petits. Évitons donc de les déranger! Aussi, si vous ne les avez pas taillées avant avril, soyez sympa, attendez fin septembre pour tailler vos haies!

En mai, il y a malgré tout d’autres travaux à faire,…

Couper les fleurs fanées des bulbes printaniers

Quand les tulipes et narcisses sont fanés, coupez la tige florale mais surtout pas le feuillage tant qu’il n’a pas jauni!
Laisser le feuillage jaunir est important car cela permet aux bulbes de constituer leurs réserves pour l’année suivante.

Nourrir les rosiers

Dans le courant du mois de mai, je nourris le sol au pied de chaque rosier avec une grosse poignée d’amendement organique (compost bien mûr, fumier en granulés ou Lombricompost  ou Or Brun « Spécial rosiers »).
Les rosiers remontants en auront peut-être encore une poignée autour du mois de juin.

Tailler les arbustes à floraison printanière précoce

Maintenant qu’ils finissent leur floraison, il faut tailler les arbustes à floraison printanière tels que forsythia, spirées, ribes (groseilliers à fleurs), kerria (corêtes du Japon), viburnum opulus (viorne ‘Boule de Neige’), cognassiers, lilas, berberis, etc.
Ils produisent déjà, tout de suite après la floraison, les tiges qui porteront les fleurs de l’année suivante.

Une taille douce, disons « de propreté », consiste à supprimer simplement les fleurs fanées.
Pour ne pas déranger une éventuelle nichée d’oiseaux, on peut attendre la fin de l’été ou même la fin de l’hiver prochain pour dégager le centre des arbustes afin d’y faire pénétrer la lumière (supprimer le bois mort et, à la base, les plus vieilles branches qui encombrent le centre du buisson).

Veillez à équilibrer la ramure pour donner une forme harmonieuse à votre arbuste. (essayez d’éviter de tout tailler en boule, cela ne convient pas à tous les arbustes et ne les met pas forcément en valeur).
Certains arbustes peuvent être modelés en forme compacte comme dans une haie stricte par exemple mais souvent je les préfère avec une silhouette plus souple et un port naturel.
Supprimez s’il y en a les drageons qui épuisent la plante (souvent les lilas drageonnent).
Tous ces déchets de taille d’arbustes caducs, si ils sont broyés finement ou coupés en petits tronçons, peuvent rester directement sur le sol autour de l’arbuste, en paillage.

Les rhododendrons, les azalées et les camélias sont plus sensibles à la taille, il est donc préférable de procéder à une taille très légère, en supprimant simplement les fleurs fanées à la base des feuilles.

Équipez vous toujours d’un sécateur bien aiguisé et désinfecté!

j’ai taillé ma spirée arguta en grosse boule. Elle retrouvera bien vite une allure plus souple avec les nouvelles pousses. Les déchets de tailles restent sur le sol, en paillage.

Désherber soigneusement les massifs et pailler

J’arrache manuellement les quelques herbes indésirables que je repère dans les massifs… Les adventices se développent à vue d’œil! Désherbez avant la formation des graines.
Des plantations assez denses et serrées et/ou un bon paillage limitent leur prolifération et facilite considérablement le travail!
Le paillis garde la fraîcheur du sol, ce qui diminue les besoins en eau, et nourrit le sol en se décomposant… Tout le monde y gagne! (clic pour en savoir plus sur le paillage).

Vous pouvez même laisser les « mauvaises herbes » en paillage sur le sol, en fond de massif ou sous des vivaces couvre-sol pour ne pas gâcher le côté esthétique… (Attention cependant au chardon et au pissenlit qui continuent le mûrissement de leurs graines même une fois déracinés!)

Et pour le pissenlit qui se loge entre les dalles de l’allée, je le déracine avec un petit couteau ou une gouge. Dans les interstices trop étroits, je vide simplement dessus l’eau bouillante issue de la cuisson de mes pommes de terre!

Paillage de B.R.F., broyat de feuillus
Paillage de B.R.F., broyat de feuillus
Benoite urbaine, Geum urbanum
Benoite urbaine- Geum urbanum, une indésirable de mon jardin.

Garnir les jardinières

A partir de la mi-mai, je plante mes annuelles dans les jardinières pour fleurir les appuis de fenêtres.
Pour choisir, je fonctionne au coup de coeur, mais en tenant compte de l’exposition… (clic ici pour voir les jardinières de 2019 et les paniers suspendus).

jardinière de mai 2016

Pince-mi et pince-moi

‘Pincer’, c’est couper les extrémités tendres des tiges, en les pinçant entre le pouce et l’index (mais l’effet sera le même si vous coupez au sécateur). Les anglais appellent cette technique le « Chelsea Chop ».

En supprimant le bourgeon terminal de chaque tige, on permet aux bourgeons latéraux de produire de nouvelles pousses.
Ainsi, grâce à ce simple geste, la plante fait des pousses moins longues et se ramifie. On obtient donc une plante plus basse mais plus compacte, plus fournie et plus florifère, qui aura moins tendance à s’avachir.
La floraison sera juste un peu retardée (plus la taille est proche de la période de floraison, plus le retard est important).

pincer les vivaces estivales et automnales (Chelsea Chop)
je pince la persicaria microcephala ‘Red Dragon’

Je pince 1 à 2 fois, selon le développement de la plante, d’abord à partir de mi-mai ou fin mai (autour de la fête des mères) et parfois à nouveau vers la mi-juin (aux environs de la fête des pères).
II va donc bientôt être temps de pincer les grandes vivaces qui fleurissent en fin d’été (juillet) ou en automne, si vous ne l’avez pas déjà fait.

On peut par exemple pincer les grands asters, les phlox paniculata, les grands sedums, les camomilles, les gaura, la persicaria microcephala ‘Red Dragon’, les dendranthema (ou chrysanthemes vivaces), salvia microphylla, kalimeris…
Faites de même avec vos fuchsias, coréopsis, anthémis, helenium, penstemon, rudbeckia, echinacea purpurea, solidago (verge d’or), cinéraires, dahlias, verbena bonariensis, aconits, etc.

C’est le même résultat quand on récolte ses aromatiques pour cuisiner : on pince le basilic, la menthe, le romarin, la verveine citronnelle… et cela augmente la production.

On peut éventuellement ne pincer que la moitié des tiges pour échelonner leur floraison: les tiges non pincées fleuriront rapidement et celles taillées prendront le relais ensuite.

Pour certaines de ces vivaces, on peut même aller jusqu’à rabattre les plantes d’1/3 de leur hauteur, avec une cisaille, pour obtenir des plantes compactes. Le tuteurage s’avère alors superflu.
Si vous taillez ainsi vos grands sedums, profitez-en pour les bouturer dans la foulée! Il suffit d’enfoncer les tiges coupées dans un godet de terreau léger et d’arroser…

la tige de phlox paniculata pincée il y a quelques jours fait 2 nouvelles pousses

Prévoir dès maintenant le tuteurage des pivoines herbacées

Si vous ne voulez pas les voir s’écrouler lamentablement sous le poids des fleurs, prévoyez leur tuteur dès à présent.

pivoine ‘Karl Rosenfield’ et nigelles
tuteurer les pivoines et les hydrangea arborescens…

Planter des rosiers, des vivaces, des arbustes ou des bulbes à floraison estivales

C’est trop tard pour planter à racines nues.
En revanche, il est tout à fait possible de planter des vivaces, des arbustes ou des rosiers achetés en conteneur pendant ce mois de mai, à condition de contrôler sérieusement l’arrosage ces prochains mois!

Mais retenez tout de même que l’automne reste la meilleure saison pour planter arbres, arbustes, rosiers et la plupart des vivaces! Ils profitent alors des pluies de l’automne jusqu’au printemps pour bien installer leurs racines et ainsi, ils supportent mieux les sécheresses et canicules estivales.

Plantez aussi vos dahlias ou des glaïeuls après les Saints de Glace.

Note : Les légumes, les plantes vivaces et les annuelles que vous achetez maintenant en jardinerie ont généralement été cultivés sous serre. Aussi, il sera nécessaire de les acclimater progressivement avant de les laisser passer la nuit dehors!

Dans le petit bassin

On s’amuse à admirer la grenouille. La pauvre, tous ses oeufs ont été mangés par le triton et les poissons…
La lumière et la remontée des températures induisent ce mois-ci le développement d’algues vertes filamenteuses. Cela rentrera dans l’ordre quand les plantes aquatiques feront plus d’ombre. En attendant, on retire les algues filamenteuses régulièrement à l’aide d’un bâton.
(Si l’attaque est importante, on peut aussi introduire des bactéries spécifiques).
Veillez au bon fonctionnement de la pompe et du filtre.
Si ce n’est pas encore fait, divisez les plantes aquatiques qui débordent de leurs paniers.

les oeufs de notre grenouille…

Au potager

Les tomates, les poivrons, les piments, les courgettes ou les haricots craignent le gel… Protégez-les la nuit ou, mieux, plantez-les seulement à la fin du mois de mai, c’est plus sûr! Les récoltes se feront juste un peu plus tard.

Récoltez les tiges de rhubarbe tant qu’elles ne sont pas encore trop acides…et régalez-vous en faisant des crumble, tarte, confitures…

rhubarbe

Taillez les hydrangea macrophylla et h. serrata

Si ça n’a pas été fait fin avril, taillez les fleurs et tiges sèches sur les hydrangea macrophylla et sur les hydrangea serrata.

 

Pas de quoi s’ennuyer au jardin ce mois-ci donc!
Mais on a quand même le temps de savourer toutes ces merveilles qu’il nous offre!

11 commentaires sur “Travaux du mois de Mai au jardin

  1. Il y a du travail, en effet, mais j’ai été un peu vite en besogne et j’ai eu peur cette nuit. Il a fait 3°. Ouf ! Je croise les doigts pour la nuit prochaine !
    Bon dimanche.

  2. Merci pour tous ces précieux conseils…. que je vais suivre à la lettre ! Entre autres : nourrir les rosiers…
    Pas de neige ici, mais brrrrr! qu’il fait froid, avec un p’tit vent qui achève les tulipes fatiguées…

  3. Tout bien lu et je suis à peu près en face. Par contre je me ends compte que mes asters sont encore à ras de terre, mais cela peut évoluer vite si la météo se remet au chaud. Ma persicaire Red dragon qui se remettait d’un précédent coup de gel risque de ne pas aimer si nous en avons encore un maintenant, je crains de ne rien avoir à pincer chez elle.
    Merci pour tes conseils et ce pense-bête. Bises

    1. Pour le pincement, généralement j’attends la mi-mai, après les Saints de Glace. Pour retenir, un bon moyen mnémotechnique c’est de pincer à la fête des mères puis à nouveau à la fête des pères. 😉

  4. mes asters sont encore à ras du sol, mes rosiers , pour le moment , sont resplendissants , je pense grâce au fumier cheval en granulés que je leur ai donné fin mars , ils sont tous en boutons.
    pour la première fois j’ai réussi la culture des dahlias car je les ai démarrés à l’int, au chaud et à la lumière devant une fenêtre . Quand ils ont eu 20cm de ht , je les ai sortis au soleil mi avril et même laissés la nuit ( c’est résistant ) et maintenant plantés en pleine terre, ouf ceux là ne seront pas bouffés par les limaces ! j’ai la nostalgie des anciens potagers d’autrefois bordés de fleurs comme les dahlias .

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