Le Houblon, une liane volubile et parfumée

La fleur du houblon est utilisée pour aromatiser la bière mais je ne vais pas vous parler de ça parce que je n’aime pas du tout la bière!
En revanche, savez-vous que le houblon est aussi utilisé comme plante grimpante décorative dans les jardins? Et ça j’aime bien! 😉
Sa jolie floraison estivale, agréablement parfumée, persiste longtemps. Facile de culture, cette liane vigoureuse, à feuillage caduc, est idéale pour orner un grand treillage, ou couvrir rapidement une pergola, au soleil ou à mi-ombre.

le houblon grimpant (Humulus lupulus), fleurs en cônes d’un pied femelle

Des tiges, des feuilles…

C’est chez ma pote-fleur Maryse que j’ai photographié, à la fin de l’été dernier, ce houblon, grimpant sur une arche à l’entrée du potager.

Les longues tiges velues, à section quadrangulaire, s’enroulent toutes seules, à vive allure, autour de leur support.
Elles peuvent facilement grimper à près de 6 m en l’espace d’une saison !
Les jeunes pousses peuvent être consommées cuites comme des asperges!
Les longues tiges de houblon récoltées de septembre à novembre peuvent être utilisées pour la vannerie sauvage.

Le feuillage caduque, lobé, ressemble un peu à de petites feuilles de vigne (d’où son surnom : Vigne du Nord).
On trouve généralement 3 variétés:
Humulus lupulus, feuillage vert frais, fleurit en juillet-août, 10 x 1,50 m
Humulus lupulus Magnum, feuillage vert frais, fleurit en juin-juillet, 6×3 m
Humulus lupulus Aureus, feuillage doré, floraison d’août à oct., 5 x 1,50 m

Il existe aussi deux autres espèces asiatiques moins rustiques (Humulus japonicus et Humulus yunnanensis).
Humulus japonicus ‘Variegata’ a un feuillage gaufré vert et blanc.

le houblon grimpant (Humulus lupulus) sur l’arche du potager, dans le jardin de Maryse C.

Des fleurs parfumées entre juin et septembre…

Le houblon est une plante dioïque c’est-à-dire que les fleurs mâles et les fleurs femelles sont portées par des pieds différents.
Les plants femelles produisent des chatons qui deviennent des cônes ovoïdes couverts d’une résine odorante et poudreuse (le lupulin).
Les fruits, contenant des graines, sont des akènes globuleux et gris.
Les plants mâles portent de larges panicules floraux.

Les cônes femelles frais ou séchés sont ravissants à utiliser dans les compositions florales.

le houblon grimpant (Humulus lupulus)

Infusion de cônes de houblon : En septembre, récoltez les cônes en pleine maturité, séchez-les au four ou sous abri bien aéré.
En tisane, ils facilitent le sommeil (faire infuser quelques minutes 10 g de cônes de houblon sec. + 1 càc de miel adoucira l’amertume).

Une autre recette de boisson : Pour 6 litres d’eau, ajourez 1 cuillérées de fleurs de houblon, 3 feuilles d’oranger, 6 cl de vinaigre de vin, 200 gr de sucre et mélangez. Laissez macérer 3 jours en remuant de temps en temps. Filtrez et mettez en bouteilles bien fermées. Laissez reposer quelques jours avant de le déguster déguster.

Le houblon a des propriétés permettant de combattre les troubles du sommeil, le stress et la fatigue nerveuse, la fièvre,… Il possède aussi des vertus dépuratives et permet de réguler les troubles de la ménopause.
Néanmoins, à trop fortes doses, il peut devenir trop sédatif, donner des maux de têtes et provoquer une baisse de la libido…

le houblon grimpant (Humulus lupulus), fleurs en cônes d’un pied femelle

Pour quel endroit?

Sur une tonnelle ou une pergola, le houblon offrira un ombrage agréable tout l’été.
Le feuillage du houblon n’est pas persistant et comme la végétation ne démarre que tardivement au printemps, aux alentours du mois d’avril, on profite bien des doux rayons de soleil printaniers.

Le houblon peut s’accrocher tout seul sur tous types de support. Il s’enroulera autour d’un pylône ou d’un arbre… et végétalisera rapidement un mur disgracieux ou une clôture.  Vigoureux, il poussera beaucoup plus vite qu’un lierre! Il peut monter de 5 à 10 m de hauteur sur une saison!

Il peut même être utilisé en couvre-sol sur une grande surface puisqu’il se marcotte facilement. D’ailleurs le nom Humulus lupulus provient du latin «humus» qui veut dire «terre» car la plante court sur le sol.

le houblon grimpant (Humulus lupulus) porte des feuilles opposées, à 3 ou 5 lobes.

Jolis mariages avec le houblon

Le feuillage très décoratif accompagne bien d’autres grimpantes bien vigoureuses, comme le rosier liane ‘Violetta’ ou la clématite fargesii ‘Summersnow’.
Le houblon doré sera ravissant avec une clématite à fleurs bleu foncé comme ‘Little Bas’ ou ‘Blue Pirouette’ et un rosier jaune doux comme ‘Malvern Hills’ ou Banks ‘Lutea’ qui se couvre de pompons jaunes au printemps.

clématis fargesii 'Summersnow'
clématis fargesii ‘Summersnow’
rosier ‘Malvern Hills’
clématis ‘Little Bas’
rosier de 'Banks' , Banksiae lutea
rosier de ‘Banks’ , Banksiae lutea

Plantation du houblon

Où? Il s’accommode de toute bonne terre de jardin ne séchant pas, voire humide, même argileuse et même calcaire, pourvu qu’elle soit profonde et riche en humus. Dans son milieu naturel, il pousse dans des endroits humides en bordure d’eau.
Plantez-le dans un mélange de terre du jardin et de terreau, avec éventuellement du compost mûr (ou autre amendement organique).

Il préfère la mi-ombre mais pousse bien au soleil dans les régions les plus fraîches.

Prévoyez de la place car le houblon est si vigoureux qu’il peut rapidement devenir envahissant! Heureusement, il se taille facilement!

Le houblon grimpant (Humulus lupulus), liane herbacée, vivace, rustique, parfois appelé bois du diable, salsepareille indigène ou vigne du Nord, Plante grimpante (5 à 10 m de hauteur), Exposition : Ensoleillée et mi-ombre, en sol riche en humus, bien drainé, calcaire à neutre, feuillage caduc, floraison parfumée de juin à septembre

Entretien du houblon

Le houblon est une plante sans entretien, facile à vivre, résistante aux maladies et très rustique.

La taille : vous pouvez pincer les jeunes pousses début mai, pour l’aider à se ramifier mais c’est facultatif.
On peut bien sûr tailler les tiges volubiles gênantes.
Si vous souhaitez réduire la ramure, attendez la fin de la floraison ou le tout début du printemps.
Rabattez la plante à 25 cm du sol en fin d’automne ou en fin d’hiver (février/mars).
Arrachez les éventuels rejets pour éviter d’être envahi.

N’oubliez pas d’arroser régulièrement la première année, surtout en période de sécheresse estivale.
Par la suite ce ne sera peut-être plus aussi nécessaire si votre sol reste assez frais mais un arrosoir de temps en temps lui sera bénéfique..
Etalez un paillage organique à son pied: il nourrira la plante en se décomposant et gardera l’humidité.

Le houblon s’accroche seul à son support. Vous pouvez toujours le guider un peu vers l’endroit  à coloniser.

Dans une terre trop riche, le houblon est susceptible d’être attaqué par des pucerons. L’apport d’engrais organique n’est donc pas forcément requis. La décomposition du feuillage en automne, et du paillis renouvelé régulièrement à ses pieds, suffira à apporter des éléments nutritifs.

Protégez les toutes jeunes plantations des limaces.

houblon

Le houblon se multiplie facilement par semis, par bouturage ou par marcottage…

houblon

Et je termine en remerciant Maryse parce grâce aux photos prises dans son jardin, j’ai déjà pu écrire plusieurs chouettes articles de blog!  Et c’est pas fini! 😉

18 commentaires sur “Le Houblon, une liane volubile et parfumée

  1. Bonjour Malorie,
    Merci pour cet article complet et très intéressant. C’est en effet rare de lire des papiers sur le houblon, une plante que l’on utilise peu dans les jardins. J’adore la présence des cônes en bouquets. C’est très gracieux. Mon futur jardin va être très petit (250 m²) mais je vais réfléchir quant à sa plantation. Bonne idée.

    1. Ton jardin ne sera pas beaucoup plus petit que le mien! Tu pourras y apporter pas mal de diversité c’est sûr! 😉 Y seras-tu pour ce printemps?
      C’est vrai qu’on n’a pas l’habitude de voir du houblon dans les jardins! J’ai trouvé superbe le celui de mon amie Maryse! Sur une petite gloriette ou pergola, ça doit être très sympa! 😉

  2. Bonjour,
    Petite question qui n’a rien a voir avec le houblon.
    J’ai dans le jardin une boule de buis assez volumineuse mais il ne reste que  »l’armature », le feuillage ayant été dévoré par la pyrale et j’ai renoncé aux traitements. Pensez-vous que je pourrais y faire pousser une clématite qui avec le temps couvrirait toutes les branches ?
    Merci d’avance.

    1. Bonjour,
      Je pense qu’il est fort possible que votre buis reparte! Je ne serais pas étonnée que de petites feuilles reperce l’écorce… En tout cas j’ai observé ça dans plusieurs jardins dont les buis étaient décimés par la pyrale l’année dernière. Prenez le temps d’observer si ils refont des feuilles ou non, avant de penser à planter quelque chose dedans.
      Si vous avez une nouvelle attaque de pyrale, un fort jet d’eau (karcher) suffit à faire tomber les chenilles au sol où elles servent de pitance aux oiseaux qui viennent les ramasser! A recommencer plusieurs fois à quelques jours d’intervalle, à chaque fois que des oeufs éclosent en fait.
      Nos mésanges commencent à s’intéresser à ces chenilles, ce qui n’était pas le cas au début car elles ne les connaissaient pas… 😉 Elles vont donc peut-être nous aider à réguler ce problème de manière naturelle.
      Ca pose d’ailleurs des problèmes car on a retrouvé de nombreuses nichées d’oisillons morts dans les nids, et il semblerait que ce soit parce que les parents les ont nourris avec des chenilles de pyrale qui avaient subi des traitements :/
      Vous avez donc bien raison de renoncer aux traitements 😉
      Belle journée

  3. Merveilleux article, je ne connaissais pas les propriétés insoupçonnée de cette liane.
    L an passé le gel l à brûlé, je l ai raséet il est répartit de plus bel !!!
    Reviens und tu veux, tu m’apprends sur mon jardin
    Gros bisous

    1. Merci Maryse! Je ne manquerai pas de répondre à ton invitation cet été! 😉
      As-tu aussi des rejets de ton houblon à plusieurs mètres du pied, comme l’écrit Mo Sa en commentaire sur ma page facebook?

  4. Dans mon ancien jardin je l’avais retiré car l’été il était très moche, feuilles atteintes de je ne sais quelle maladie, mildiou ou autre!…. L’année dernière j’avais trouvé ce panaché qui est une petite merveille, mais je ne sais pas s’il va résister à l’hiver!
    je l’ai protégé, on verra bien!

  5. J’adore le houblon. J’ai planté au jardin un pied de houblon doré pour orner un côté de ma cabane dans un premier temps, puis je l’ai déplacé (en y laissant qqs racines, if course !, J’en ai donc trois ou quatre maintenant ).
    Le pied-mère est parti à l’assaut du côté hyper moche de la haie de thuyas des voisins, me donnant un joli fond vert clair qui éclaire un coin un peu assombri par le feuillage d’une grande viorne aubier que je conduis en petite cépée taillée en transparence.
    Son parfum sous la pergola en été est un pur délice !

  6. Bonjour, j ai un pied de la variété aureus. Il a une dizaine d années. Il ne depasse pas 2 , 50 m sur une arche.
    Il est sublime, mais pas aussi grand que prévu.
    En face de lui se trouvent une passiflore bleue et une clematite Victoire de Varsovie viennent le rejoindre .
    Je ne suis pas emvahie. Il montait à la meme dimension en grand pot quand il etait sur un balcon.

    J ai déjà vu la variété japonaise variegata , elle est sublime!!! Mais annuelle !

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